Ce sont les taux bas qui menacent votre pension

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Aujourd’hui, le marché reste à 4.800 points environ (indice du CAC 40).

Vous auriez pu l’oublier : Mais nous sommes dans le Grand Débat National depuis le 15 janvier.

Et le buzz monte autour de la question des retraites. Emmanuel Macron a désigné un émissaire sur le sujet : Jean-Paul Delevoye, un proche du président, et ancien du gouvernement Chirac.

Delevoye a rencontré des représentants de syndicats aujourd’hui, pour chercher comment réparer ce système complexe et déficitaire.

Mais comme nous le font savoir les journaux de ce matin, réformer la retraite est un sujet “tabou” en France. C’est comme les 35 heures… Il vaut mieux ne pas en parler.

Mais le régime de la retraite subit un trou de financement d’environ 6,25 milliards d’euros par an. Vos impôts couvrent la différence ! Les estimations du gouvernement prévoyaient un comblement du trou grâce à la croissance… mais on remet à présent en cause les analyses.

Un rapport officiel qui vient de fuiter estime que ça prendra jusqu’à 2050… C’est-à-dire plus de 30 ans encore — une génération de retraités — avant qu’on ne soit dans l’auto-suffisance.

La tâche de M. Delevoye est de faire baisser ce trou… sans prendre de pension aux uns… ni de faire travailler plus longtemps à d’autres.

Voici la solution qui émerge : On aura droit à davantage de pension après une durée de travail plus longue. Une sorte de “prime” pour encourager les gens à rester au travail… cotiser plus longtemps… et réclamer leur retraite plus tard (et donc en sortir moins d’argent au final).

Tout joue contre le départ à la retraite de 62 ans

RTL dresse la réalité de la situation — le régime français est un anachronisme…

“En Allemagne, ce sera bientôt 67 ans. En Belgique aussi, au Danemark bientôt 68 ans, En Espagne, 65 ans, en Italie 66 ans, comme au Portugal et aux Pays-Bas. Et je ne vous parle pas du Japon, où l’on devrait passer à terme à 70 ans.”

En gros, personne d’autre n’arrive à faire ces mêmes promesses aux retraités. Pourquoi serions-nous en meilleure posture ?

Et il suffit de regarder un peu les chiffres pour comprendre pourquoi le système-retraités aujourd’hui ne tient pas la route.

C’est très simple : Les montants qu’il verse ne sont pas du tout compatibles avec le monde à faible rendements dans lequel on vit.

Je me tourne vers les recherches du Blog Patrimoine.

Prenez le salaire médian en France, de tout juste 3.000 euros par mois. Et imaginez un salarié qui aurait perçu ce montant-là tout du long de sa carrière, choisissant la retraite à 62 ans.

Au global, les cotisations du salarié arriveraient à 243.000 euros. Un joli montant… mais voici ce qu’il peut espérer obtenir au long de sa retraite (prenant en compte son espérance de vie de 21 ans après le départ à la retraite) : 589.500 euros !

C’est-à-dire qu’il bénéficierait d’un “rendement” sur ses cotisations d’environ + 239 % !

Ce qui est peut-être atteignable si le marché ne faisait que grimper et que les taux d’intérêts restaient élevés.

Mais au taux de 0,75 % du livret A, par exemple, il faudrait laisser les cotisations investies pendant 117 ans pour obtenir ce même rendement !

Pour le faire en l’espace de 35 ans, il faudrait un taux de l’ordre de 2,5 % par exemple…

Mais il faudrait un taux bien plus élevé car les cotisations sont étalées dans le temps — elles ne sont pas toutes faites dès le début de la carrière.

Ce que ça signifie…

En vérité, le système de retraites a peu de chances de tenir… Mais changer ce système reste tabou. Et pour cause : Des millions de gens ont cotisé sans qu’on leur demande leur avis. Maintenant, on propose de changer les règles du jeu.

Mais on s’enfonce dans un monde de faibles rendements… Il va devenir plus difficile de tenir les promesses d’un passé bien plus généreux — où des taux plus élevés, et une inflation rampante, permettait de faire ces types de promesses.

Cordialement,

Henry

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