Comment profiter de ce que fait la Fed

Le marché a tranché sur la question des “4.100$ milliards.”

Ce chiffre, c’est la quantité d’obligations sur le bilan de la Réserve fédérale, la banque centrale des États-Unis. (La “Fed.”)

Voyez, depuis décembre 2015, la Fed hausse le taux d’intérêt de base… Ce dernier a grimpé de 0,12 % à 2,40 %. (Voir graphe ci-dessous.)

Mais ce n’est pas tout. En plus de rehausser le taux d’intérêts, la Fed a aussi commencé à réduire la taille de ses actifs…

C’est-à-dire qu’entre janvier 2018 et maintenant, cette institution a liquidé environ 300 $ milliards de dettes. Passant d’environ 4.400 $ milliards à 4.100 $ milliards sur l’année.

Voyez plutôt :

La taille du bilan de la Fed reste nettement plus élevée qu’elle ne l’était avant 2008, comme vous pouvez le voir… mais cette petite réduction a tout de même effrayé les marchés.

Par contre, depuis début 2019, l’humeur a changé de nouveau. Les actionnaires reprennent confiance. Le CAC 40, par exemple a récupéré du terrain : L’indice a grimpé depuis les 4.500 points jusqu’aux 5.000 points environ.

Tout cela du fait que la Fed semblerait avoir changé de langage avec le Nouvel An.

À présent les marchés ne voient plus de hausse des taux “coûte que coûte.” À la place, la Fed hausserait désormais les taux en fonction de la force des marchés et de l’économie.

En cas de dégringolade, en gros, la Fed adoucira le tempo.

Par ailleurs, le nouveau directeur de la Fed, Jerome Powell, a passé plus de temps avec des membres du Congrès qu’aucun de ses prédécesseurs récents.

D’après les observateurs, cela pourrait signaler qu’il pose le terrain pour des “mesures extraordinaires” en cas de repli des marchés…

Bref, M. Powell ressemble de moins en moins à un directeur “froid et rigide…” et de plus en plus à un membre de la classe politique, prêt à jouer le jeu.

Et c’est ce qui plait beaucoup aux marchés-actions… qui veulent une Fed généreuse — prête à tendre la main.

La faute à la Fed

Pas mal de politiciens montent au créneau et préconisent un assaut contre le “top 1 %,” les riches, les rentiers, les milliardaires…

La réunion de Davos a relancé le sujet des inégalités dans le monde… En effet, les milliardaires détiennent un part grandissante de la richesse sur la planète.

Tous rassemblés, ils détiennent plus du double de ce qu’ils avaient en 2008.

Aux États-Unis, où un nouveau Congrès vient d’être élu, et où les premières phases des présidentielles de 2020 démarrent juste, les candidats parlent de plus en plus de hausses de taxes… surtout sur les sociétés et les millionnaires.

Mais aucun d’eux ne va à la source du problème — aux bilans de la Fed, de la BCE, et de la Banque du Japon.

Ils ont créé des milliers de milliards d’actifs depuis 2008… Et avec cela, ils ont acheté de la dette… Ils ont stimulé l’emprunt.

Et l’argent a fini par circuler… Il a soutenu les valorisations en Bourse et en immobilier…

Vous voyez où je veux en venir ?

Cet argent a profité aux grosses sociétés… à Wall Street… à la Défense… à la City de Londres.

Mais c’est normal… C’est le but : De prendre à certains pour en redonner à d’autres.

Ce que donne la Fed (ou la BCE), ce n’est pas une richesse qu’elle a créée… C’est un avoir sur le travail et les actifs des autres. Ça ressemble à de l’épargne. Mais c’est complètement factice.

Comment en sortir gagnant

Quant à moi, je continues de regarder ce que ça pourrait dire pour votre patrimoine…

En plus d’écrire ces articles, je participe aux décisions sur l’investissement d’un petit groupe de gestion de patrimoine indépendant…

En ce moment, que voyons-nous ?

Ce qui est évident, c’est que tout assouplissement de la Fed met le vent en poupe pour les actions… Mais ça ne veut pas dire que les obligations ne sont pas également intéressantes.

Vous pouvez prêter au gouvernement américain sur une échéance d’un an, pour un taux d’environ 2,6%. Et puisque ces obligations sont datées à si courte durée, vous pourriez les tenir jusqu’à maturité sans prendre de très fort risque.

Si les taux remontent, vous faites “rouler” le prêt et obtenez chaque année des rendements plus importants.

Tant que les taux courts restent proches des taux longs (les obligations à 10 ans paient seulement 2,7 % d’intérêts), c’est une stratégie intéressante.

Je ne vous la recommande pas forcément. Vous seriez par exemple très exposé au dollar.

Mais c’est ce que nous faisons en ce moment avec une bonne partie des fonds sous gestion… en attendant d’avoir des conditions plus favorables — ou de voir émerger de nouveaux placements attractifs — dans les actions.

Ou dans l’immobilier. (Nous avons tendance à nous intéresser à des “situations spéciales,” plutôt qu’à du locatif. Je vous en dirai plus).

Cependant, pour investir dans les obligations, vous devez faire attention.

Parce que vous pourriez investir par exemple dans un fonds d’obligations, tel que le US Bond Opportunities (Chez Nordea).

Mais vous voyez : Puisque le fonds investit sur des obligations long-terme, la valeur des obligations sous-jacentes baisse lorsque les taux grimpent… Au lieu de bénéficier d’une hausse des taux, vous en souffrez.

Vous avez plutôt intérêt à détenir directement les obligations court-terme, comme nous le faisons nous… Je reviens vers vous avec davantage d’informations là-dessus.

Cordialement,

Henry B