Ça perd de perd en plus d’argent

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Le CAC 40 ne se rattrape toujours pas… l’indice a perdu environ 3 % depuis la fin de la semaine dernière…

Certes, ce n’est pas encore la crise… mais c’est ainsi qu’ils démarrent.

Vous demandez-vous si nous vivons vraiment dans une période bullière ?

Où les valeurs sont gonflées par de l’argent factice ?

Eh bien… vous n’avez qu’à regarder autour de vous.

Ici à Paris… presque tous ce qui est “nouveau” et “à la mode” est suspect.

Vous savez peut-être déjà que Uber, le #1 des applis de transport automobile, est déficitaire de milliards d’euros par an.

C’est pareil pour Netflix… et pareil pour Airbnb.

Et Tesla ? Même histoire.

Aujourd’hui, je découvre dans les infos encore un nouvel exemple à mettre dans le panier des géants déficitaires du 21ème siècle.

Il s’agit du #1 mondial dans le “co-working,” WeWork.

Le co-working c’est la nouvelle mode dans l’espace de travail… Les auto-entrepreneurs ou entreprises peuvent louer des espaces de travail à court terme dans des locaux — en payant à la journée ou à l’heure…

Les locaux sont souvent décorés de manière à donner une ambiance de startup, ou de Silicon Valley.

À Paris, vous en voyez apparaître dernièrement.

Des bâtiments de bureaux sont reconvertis en espaces de co-working qui vous permettent de venir travailler à votre guise, sans avoir à signer de bail sur des bureaux…

Mais tout ça repose vraiment sur de l’argent facile…

WeWork dévoile ainsi qu’il a perdu, en net, 1,9 milliards $ en 2018.

C’est encore plus qu’il n’a fait en chiffre d’affaires — 1,8 milliards $ pour l’année.

Ils ont donc dépensé environ le double de leurs revenus…

Ce modèle déficitaire marche peut-être sur des startups… dans lesquelles les pertes ne dépasseront pas quelques millions d’euros au plus…

…mais qu’en est-il de ces sociétés qui font des milliards de pertes annuelles ?

Ont-elles vraiment le droit de se comporter comme des petites startups déficitaires ?

Et puis, l’entreprise ne compte pas s’arrêter à perdre de l’argent sur le mobilier de bureaux.

Ils veulent aussi appliquer le concept aux logements — avec WeLive.

Et à l’école avec WeGrow.

Évidemment, quand vous n’êtes pas tenu de générer de bénéfices… vous n’avez rien pour vous arrêter !

Et d’où vient tout cet argent ?

CNBC explique :

“Le fonctionnement de WeWork dépend encore fortement sur les financements d’investisseurs privés, surtout SoftBank, qui a versé plus de 10 milliards $ dans l’entreprise, dont 2 milliards $ cette année.”

Donc ce sont bien les investisseurs privés qui portent tout ça… mais comment vont-ils profiter, eux ?

Comme Uber et les autres, WeWork prépare une introduction en Bourse.

Une bulle qui gonfle en vue de tous

Ce n’est pas la première fois que je m’étonne à l’ampleur des pertes dans les “licornes.”

À part quelques uns des têtes de file — en particulier Microsoft, Apple, Google, et Facebook — qui sont chacune très rentables…

…vous n’avez que des “licornes” aux ambitions infinies et aux bénéfices absents.

Et tout ça provient de la vague d’argent facile… Les taux sont près du plancher.

Les entreprises empruntent et elles dépensent.

Et l’un des meilleurs “coups” à se faire en finance, ça reste de vendre des actions dans une boîte qu’on fait passer pour visionnaire à un public qui en sait peu.

Si ça vous rappelle 1999 et les actions “dot-com,” vous n’êtes pas seul…

Mais pourtant cette bulle continue à gonfler, gonfler…

L’argent — d’où qu’il vienne — continue à couler.

Mais un jour ou l’autre la gravité finit par se faire sentir à nouveau…

Et plus ces valorisations sont grosses, plus le retour à terre va être dur.

Cordialement,

Henry B