Cédric Villani, c’est décevant !

Le mouvement des Gilets jaunes perd un peu de souffle… et à présent les élus ont déjà tourné la page.

Voyez… ils ont toutes les cartes en main. La plupart des gens ne peuvent pas rester “mobilisés” à jamais. Ils ont des emplois, des occupations.

Du coup, les élus attendent un peu, et ils recommencent.

À présent 86 députés ont signé une tribune pour le rétablissement de taxes carbone… Le seul moyen selon eux d’assurer la Transition vers un monde plus propre, plus juste.

Mais bien entendu ils veulent faire cela de manière “juste socialement…” Par exemple en re-distribuant les revenus après sous forme d’aides ou d’allocations ou de primes.

C’est bien noble …

Mais est-ce que l’État ne prétend pas “redistribuer” l’ensemble de l’argent qu’il prend en impôts… sous forme de services, prestations, etc ?

En quoi est-ce qu’une taxe “socialement juste” serait-elle différente de n’importe quelle autre taxe ?

Non… ce n’est qu’une nouvelle façon de présenter ce que fait l’État déjà : Prendre à certains pour en redonner à d’autres… en en encaissant un bon morceau au passage… pour un tas de prétextes divers et variés.

Ce qui compte pour eux, c’est la taille des sommes qu’ils peuvent mettre en jeu… Et dans les cas des taxes carbone on parle déjà de dizaines de milliards d’euros… rien qu’avec les taxes sur les carburants !

L’illusion qui trompe les savants

J’étais déçu de voir Cédric Villani, le célèbre mathématicien, lauréat de la Médaille Fields, soutenir également cette tribune.

Je suis fan de ses livres sur les mathématiques… qui sont assez informatives et honnêtes sur le monde de la mathématique.

C’est dommage qu’il ne fasse pas preuve de la même sagesse et d’esprit critique quand il s’agit de regarder cette “taxe carbone.”

Mais ce qui mystifie M. Villani, comme beaucoup d’autres, c’est qu’il ne peuvent pas différencier entre un objectif, et une mesure politique qui se prétend l’encourager.

C’est comme disait l’économiste Frédéric Bastiat (en 1850) :

“Le Socialisme, comme la vieille politique d’où il émane, confond le Gouvernement et la Société.

“C’est pourquoi, chaque fois que nous ne voulons pas qu’une chose soit faite par le Gouvernement, il en conclut que nous ne voulons pas que cette chose soit faite du tout.

“Nous repoussons l’instruction par l’État ; donc nous ne voulons pas d’instruction.

“Nous repoussons une religion d’État ; donc nous ne voulons pas de religion.

“Nous repoussons l’égalisation par l’État ; donc nous ne voulons pas d’égalité, etc.

“C’est comme s’il nous accusait de ne vouloir pas que les hommes mangent, parce que nous repoussons la culture du blé par l’État.”

C’est de la même sorte avec la taxe-carbone… Si vous élevez la voix contre elle, alors vous voulez devez être en faveur du carbone !

Bien sûr… Vous pourriez trouver tout un tas de raisons de vous y opposer… La première étant le peu de résultat des politiques menées jusqu’ici autour des émissions.

Le fait est que les partisans des taxes carbone n’apportent aucune explication… et n’acceptent aucune responsabilité sur ces échecs… que ce soit dans les biocarburants… le solaire… les éoliennes.

Et qu’en est-il du nucléaire ? Les centrales que nous essayons de démanteler — à prix d’or — n’étaient-elles pas vantées par les savants de l’époque ?

N’étaient-elles pas la solution-miracle ?

Ce serait utile que M. Villani se penche là-dessus plutôt que de nous enrôler dans un nouvel effort coûteux… lourd… et dont les effets sont loins d’être garantis.

Cordialement,

Henry B