Et encore une idée pour distribuer des milliards d’euros

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L’introduction en Bourse de Lyft a eu lieu vendredi. Le cours a un peu baissé après l’opération, mais la valorisation du groupe tient autour de 22 milliards $ aujourd’hui.

Pour rappel, Lyft — un concurrent d’Uber dans le co-voiturage — a fait un total de 2,28 milliards $ de pertes entre 2016 et 2018… Et ces pertes vont en augmentant. L’année dernière, elles atteignaient près d’un milliard.

La réussite de l’introduction en Bourse montre bien l’attrait de la “disruption” pour les esprits des marchés… et l’abondance de liquidités dans le système, grâce aux taux-zéro.

Le MEDEF a une folle idée certaine de nuire

Le président de l’association des cadres et patrons, le MEDEF, vante des idées pour la France dans le cadre du Grand débat national…

Il parlait au journal La Croix le mois dernier. Aujourd’hui, il intervient dans Le Parisien.

L’idée… ?

Eh bien, pourquoi pas faire de tous ces jeunes qui sont en recherche d’emploi des entrepreneurs ?

L’État n’a qu’à leur faire des emprunts — à taux-zéro — et leur laisser champ libre. Peut-être l’un d’eux créera-t-il le prochain Uber !

Ça vous paraît fou ? Pourtant, c’est exactement ce que propose Geoffroy Roux de Bezieux, patron du MEDEF, quand il parle aux médias dernièrement.

Selon son programme, l’Etat décernera un Capital Départ à chaque jeune de moins de 30 ans… pour lui permettre de poursuivre ses rêves !

Le jeune ne paierait jamais d’intérêts… et rembourserait en fonction de la réussite du projet.

L’Etat accélérerait ainsi les startups et dynamiserait la France… tout en éliminant l’un des obstacles aux entrepreneurs — le manque de fonds !

Tout cela serait au nom de réduire les “inégalités de chances” dans l’économie.

L’idée serait de “doter les jeunes d’un capital de départ pour entreprendre un projet favorisant l’autonomie et la responsabilisation ; l’objectif étant de promouvoir une plus grande égalité des chances entre les catégories sociales.”

Oui, dites-vous, mais qu’est-ce qui empêchera à cet argent d’être simplement gaspillé… ?

Et puis, les jeunes ne seraient-ils pas mieux servis d’avoir un patron et des collègues — plutôt que d’avoir de l’argent gratuit ?

Là, M. Roux de Bezieux a déjà anticipé : L’Etat suveillerait l’avancée des projets et assurerait ainsi le bon usage des fonds !

Il explique :

“Cautionné par l’État, [l’emprunt] pourrait être géré globalement par un organisme dédié, chargé de recenser, de valider et suivre l’avancée des projets éligibles.”

Comme c’est génial !

Qui aurait pensé que c’était aussi facile… Il suffisait de laisser à l’Etat donner de l’argent… et de le laisser surveiller le tout.

Et tôt ou tard, nous aurons aussi une Silicon Valley ici en France.

Voici une prédiction : Des icebergs flotteront en enfer avant qu’un système de Capital Départ ne réduise les inégalités, ou ne mène au prochain Uber français.

Ce genre d’idée “folle” pullule dans les couloirs de Matignon et de l’Elysée

Se moquer de M. Roux de Bezieux et de ses fantasmes, c’est bien facile !

En effet, ses idées n’ont pas encore été adoptées.

Mais en était-il différent lorsque la Transition écologique a d’abord été proposée ?

Pour rappel, c’est maintenant un programme aux coûts annuels estimés à 20 milliards d’euros en investissements par l’Etat.

Et les meneurs de la Transition estiment à 80 milliards d’euros la somme “nécessaire” — par an.

En bref, ce n’est pas une blague…

C’est ainsi que naissent les idées les plus dangereuses et plus coûteuses — elles naissent dans les pages des journaux, circulent parmi les hauts-fonctionnaires et Think Tanks, et, parfois des années après, naissent dans un élan de “renouveau” politique…

Quand le vent de changement souffle — et il revient sans faille de temps à autre — il emmène parfois les graines des idées les plus marginales…

Des idées comme le New Deal Vert (ascendant aux États-Unis), la Transition écologique, ou le Capital Départ.

Les idées les plus farfelues ne sont souvent qu’à une élection près de marcher parmi nous.

Mais comment vous protéger de tout cela ?

Vous l’avez déjà entendu sans doute :

Ayez de l’or.

C’est la seule monnaie prouvée qui tient la route, même si les politiciens dévaluent les euros pour financer ceci ou cela, ou pour rayer nos dettes quand elles deviennent impayables.

Cordialement,

Henry B