La BCE a enflé une bulle — voici la prochaine étape salée

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Les dirigeants  de la BCE annoncent aujourd’hui qu’il y a toujours très peu d’inflation dans la zone euro. C’était au niveau — annualisé — de 1,5 % en mars disent-ils.

Or, l’économie croît aussi au rythme d’environ 1,5 % par an, selon le PIB…

Autant dire que le pays fait plus ou moins du surplace.

Il y a de l’argent qui change de mains : Les gens font de plus en plus d’emprunts et achètent des biens de location en masse. Les prix de l’immobilier à Paris approchent ainsi des 10.000 euros le mètre-carré, par exemple.

Et puis, les entreprises émettent un record de dette, et paient un record de dividende aux actionnaires. Les entreprises du CAC 40 ont payé 57,4 milliards d’euros aux actionnaires l’année dernière.

La BCE a racheté 2.600 milliards d’euros de dette entre 2014 et 2018. Ils ont abaissé les taux à ras-du-plancher.

Malgré tout cela, le pays n’avance pas. En termes de richesse réelle, rien ne change.

Il fallait bien que cet argent aille quelque part… C’était censé revigorer l’économie, hausser l’inflation, et pousser les gens à dépenser.

Mais pourtant tout cela n’a pas eu lieu… Seuls les marchés financiers semblent avoir réagi : Le CAC 40 a grimpé. Les obligations ont grimpé. L’immobilier continue de faire des records. Les particuliers empruntent pour acheter.

Un membre directoire de la BCE, Sabine Lautenschläger, met la faute aux pieds de “l’incertitude politique,” en évoquant le Brexit.

C’est pour cela que les entreprises n’investissent pas davantage, dit-elle.

Mais vraisemblablement, le Brexit se produira et les investissements ne reprendront pas pour autant. Le problème réel vient simplement du fait que les entreprises ne voient pas l’opportunité pour des investissements majeurs. Du coup, ils transfèrent cet argent facile aux actionnaires et aux rangs élevés parmi leurs cadres.

Et comme l’inflation ne décolle pas, la BCE en conclut qu’il faut en faire davantage.

Le problème le plus important

Vous parlez aux gens autour de vous, et la plupart d’entre eux pensent que la BCE a intérêt à faire ceci ou cela dans le but d’aider l’économie… Si les experts ne sont pas là à manier leurs postes, pensent-ils, alors tout pourrait tourner à la catastrophe.

Comme un bateau sans capitaine pour le diriger, le bâtiment finirait tôt ou tard par se heurter à des rochers.

Mais c’est là qu’ils se trompent. L’économie dans son ensemble, ce n’est pas un bateau qui a besoin d’être manoeuvré par un capitaine.

C’est quelque chose de beaucoup plus résistant.

Il n’y a pas besoin de se poser la question de savoir à qui reviendra la responsabilité en cas de problème.

Il n’y a pas besoin de désigner une équipe de réponse d’urgence si jamais les marchés baissent ou une entreprise fait faillite. Non seulement car ils n’arriveront pas à le faire… mais parce qu’ils vont finir par nuire à l’économie dans son ensemble.

Ils ne peuvent agir qu’en déformant l’information dans l’économie — en trompant certains ou en volant à d’autres.

Comment décrire autrement ce que fait la BCE ?

Elle dévalue la valeur des épargnes en injectant autant d’argent gratuit, qu’elle met à disposition des banques.

Et elle fausse les données du marché en mettant à zéro les taux d’intérêts.

Les prochaines étapes

Dans l’immédiat, le grand test pour les marchés bulliers viendra des introductions en Bourse.

Lyft, le tout dernier, a perdu 17 % depuis son introduction vendredi dernier !

Mais nous attendons encore tous les autres — Uber, Airbnb, WeWork, etc…

Plus c’est gros et plus ça passe… Mais il se peut que ce marché change d’humeur bien avant que les licornes ne parviennent chacune à déposer les chèques des actionnaires.

Cordialement,

Henry B