Là où les opposants à la Loi Pacte ont raison

Ici à Paris, la ville prend une dose de soleil depuis le week-end… C’est le Printemps avant l’heure.

La météo vient sur toutes les langues.

Les marchés voient aussi des ciels bleus.

Ils anticipent un accord entre Washington et Pékin pour bientôt.

Et le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a signalé que la Fed n’était pas prête à remonter tout de suite les taux d’intérêts.

La Fed était censée de relever graduellement les taux jusqu’en 2020… mais ils ont maintenant mis le programme en pause — pour apaiser les marchés.

Explique M. Powell :

“…notre comité d’établissement des taux d’intérêts étudie de près la conjoncture, et les risques, et pour l’instant nous allons jouer la prudence du point de vue notre politique, et nous allons permettre à la situation de se clarifier.”

En gros, il suffirait sans doute de peu pour remettre en question toute hausse des taux… et même revenir vers les niveaux ultra-faibles post-2008.

Le débat continue sur les privatisations de la Loi Pacte

Cette loi prévoyait que les Aéroports de Paris, la Française des Jeux (le loto), et les parts restantes de l’État dans Engie (ancien GDF), soient vendues sur le marché…

L’État prévoit des recettes de 15 milliards d’euros environ sur la vente de ces actifs… contre les 700 à 800 millions d’euros par an de revenus aujourd’hui.

Un groupe de 106 Députés du parti des Républicains ont signé une tribune pour s’opposer à la privatisation… qui serait selon eux contre “l’intérêt général.”

Aujourd’hui, le site Alternatives Economiques rejoint le débat et condamne le projet de privatisation…

L’argumentaire — vous en doutez peut-être — se base sur une multitude de sophismes et de préjugés sur tous les sujets… des vices du “privé” aux vertues du “public.”

Ils auraient pu aborder des questions intéressantes.

Par exemple : Pourquoi les pistes d’atterrissage et les portes d’embarquement doivent-ils être publics mais pas les avions eux-mêmes ?

C’est comme si vous insistiez que les roues de votre voiture et votre place de parking soient produites par l’État même si vous êtes d’accord pour payer la carrosserie, etc à une entreprise privée.

Alternatives Économiques répond à cela en nous disant de retirer nos “oeillères idéologiques libérales.”

Et puis : les Aéroports de Paris ayant un monopole, le repreneur privé aurait aussi un monopole… ce qui serait dangereux…

…sauf qu’ils défendent aussi les monopoles dans la même foulée.

En effet la libéralisation “accroît la concurrence au détriment des compagnies actuelles.”

(Ils se réfèrent là à l’impact sur les compagnies d’aviation commerciale… qui devraient sans doute se faire concurrence pour obtenir les créneaux disponibles pour les atterrissages, etc.)

Par ailleurs, l’article s’inquiète que des grosses plus-values soient réalisées par les repreneurs… Selon eux, vous ne vendez un bien que s’il est certain de dégringoler en valeur…

Ne leur rachetez pas une moto d’occasion !

Mais passons…

Parce que malgré tout, l’article d’Alternatives a du mérite sur un sujet…

Pourquoi l’État vend-t-il ces actifs… ?  

Pour rembourser la dette nationale ?

Les 15 milliards d’euros qui en découleraient sont une “goutte d’eau” contre la taille de notre dette (de l’ordre de 2.300 milliards d’euros)…

Alternatives remarque en effet que “l’enjeu de ce point de vue est insignifiant.”

Pour investir dans “l’innovation” ? Alternatives rappelle que les start-ups et le R&D en France ne manquent pas du tout de capitaux.

Pour Alternatives, c’est un coup monté pour mettre de l’argent dans les poches d’initiés — les groupes tels que Vinci, Bolloré, etc qui reprendraient ADP.

À l’instar de détenteurs de monopoles sous l’Ancien Régime, ils extirperaient une rente grâce au contrôle d’un monopole d’État… avec la connivence des hauts-fonctionnaires et certains élus.

Alternatives a raison : Les repreneurs n’achèteront pas les Aéroports par devoir civique…

Et sans les monopoles d’État qui accompagnent ces actifs, ils vaudraient peut-être une fraction des milliards d’euros du prix de vente.

Malgré mes « oeillères idéologiques libérales,” je vois bien que la Loi Pacte sera sans doute le moyen de pomper le contribuable d’une manière ou d’une autre.

Sans doute de façon inattendue.

Pourquoi ça rejoint ce “krach” que tout le monde attend

Mais tout ça, ce ne sont que des bagatelles…

La plus grosse catégorie d’actifs en France, ce sont les obligations étatiques… Notre endettement s’évalue à 2.300 milliards d’euros.

Notre parc immobilier, en prenant en compte tous les immeubles, logements, et bureaux, en France, est de moins de la moitié de ce montant, à 1.033 milliards d’euros environ.

Les trois quarts de ce montant viennent de la zone de Paris, où la valeur de l’immobilier surpasse le restant du pays.

Si nous pouvions vendre tous les bureaux, logements, et espaces commerciaux en France à des étrangers, nous aurions toujours 1.300 milliards à rembourser…

C’est vous dire à quel point la Loi Pacte, les privatisations, etc sont insignifiantes en effet.

C’est toute cette dette qui doit tôt ou tard faire basculer notre manière de vivre … !

Nous élaborerons davantage le sujet…

Cordialement,

Henry B