L’introduction de Lyft devrait vous effrayer

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Les hommes regardent dans l’avenir comme dans une pièce sombre… ils écarquillent le yeux. Ils tâtonnent avec les bras étendus.

Ainsi, les marchés scrutent aujourd’hui le destin d’une “licorne” de la Silicon Valley qui entre en Bourse — nommée Lyft.

Cette société gère une appli’ de co-voiturage et fait compétition au #1 mondial, Uber, sur le sol américain.

Les actionnaires y décernent déjà une valorisation d’environ 24 milliards $…

Une entreprise rentable, sans croissance, nécessiterait des bénéfices de l’ordre de 2 milliards $ pour justifier ce genre de valorisation… mais Lyft ne gagne pas d’argent.

Il ne génère que des ambitions… et des rêves de croissance…

Les participants à l’IPO voient tout l’engouement du marché pour la Tech, pour les applis…

Ils voient ce qui plaît aux grands nombres… et ils ont envie de monter sur le train avant qu’il ne soit trop tard.

Les marchés ont gobé une sacré histoire

L’argent n’a de sens que pour les êtres humains — pensants, émotionnels, et susceptibles d’être influencés.

Et ce qu’ils pensent à propos de l’argent change avec le temps.

Dans une ère différente, les actionnaires auraient peut-être dédaigné tout contact avec un géant comme Lyft…

Ils auraient voulu voir la rentabilité d’abord… et y mettre plus d’argent ensuite.

Mais aujourd’hui, les règles d’antan sur la valeur et sur l’argent ne tiennent plus.

L’objectif est de maximiser sa capitalisation pour chercher un gros prix le jour de l’IPO… en convainquant les marchés que les déficits ne sont qu’une étape passagère.

C’est peu étonnant

Mais en vérité, ils n’ont peut-être pas tort. L’argent est là… Les banques centrales — la Fed, la BCE, la Banque du Japon en premier — injectent des sommes colossales dans les marchés.

La BCE seule a acheté autour de 2.600 milliards d’euros de dette de 2014 à 2018… Et l’argent des rachats a bien trouvé une destination.

Les groupes financiers l’ont redistribué à d’autres emprunteurs — finançant des émissions de dette massives des entreprises.

Et tout cela a bien sûr envoyé les taux d’intérêts à ras-le-sol.

Mais un monde où les taux sont nuls est un monde où l’argent vient facilement… Et donc où en générer est peu important.

Et c’est un monde qui prime peu le passage du temps. Quand on prête à si faible taux, c’est qu’on n’est pas inquiet de voir son argent revenir rapidement.

Même les mentalités changent

Les “licornes” sont en train de profiter d’un changement dans la relation des marchés à l’argent…

Voyez, les banques centrales ont créé des nouvelles règles.

Tout l’argent qu’on veut est bien là…

Et, à la différence de la vieille économie où vous deviez créer plus de ressources que vous n’en consommiez — en générant donc un bénéfice — désormais vous devez surtout prendre le maximum d’argent là où il se trouve…

…et après 10 ans de stimulus, de Quantitative Easing, et d’autres programmes de relance, il est dans les marchés financiers.

Les bénéfices, c’était le langage de l’ancienne économie… Dans la nouvelle, c’est démodé.

Cordialement,

Henry B