Le vilain secret de Davos

Le village de Davos, dans les contrées profondes de la Suisse allemande, accueille à présent une collection ultra-exclusive de milliardaires et de multi-millionnaires…

Ça s’intitule “La Globalisation 4.0.”

La conférence rassemble 3.000 personnes environ.

En gros, la conférence de Davos se veut un regroupement de gens puissants — capitaines d’industries, PDGs de Big Caps, ou représentants d’États — afin de régler les problèmes qui se posent dans le monde.

Mais déjà, il faut se mettre d’accord sur les vrais défis. Est-ce la faim ? Le climat ? Les discriminations ?

L’ordre du jour ces temps-ci, semblerait-il, ce sont les “inégalités.”

Bloomberg rapporte que les personnes les plus riches du monde n’ont jamais été aussi riches, par rapport aux autres.

La richesse totale que détiennent les milliardaires — tous pays du monde confondus — s’élevait à 8.900 $ milliards en fin 2017, rapporte Bloomberg.

En 2009, c’était moins de la moitié de ce montant — à 3.400 $ milliards.

Ce qui fait la fortune des milliardaires globalement, ce sont leurs actifs financiers — leurs participations dans des entreprises, ou encore leurs portefeuilles immobiliers.

Si on a assisté à une telle concentration de richesse entre les mains du “top du top” des riches de la planète, c’est parce que la valeur des actifs a dramatiquement augmenté — alors que la rémunération des salariés, au global, n’a pas bougé.

60 $ milliards de plus

Bernard Arnault, qui détient près de la moitié de LVMH, avait 16 $ milliards de fortune en 2009. Il détient autour de 72 $ milliards à présent.

Voici d’autres exemples selon Bloomberg

Bill Gates est passé de 50 $ milliards à 95 $ milliards…

Rupert Murdoch est passé de 3 $ milliards à 18 $ milliards…

Mark Zuckerberg est passé de 3 $ milliards à 59 $ milliards…

Mais pourquoi est-on surpris ?

Voici l’évolution des actifs de la Banque central européenne depuis 1999 :

Actifs BCE

Voyez qu’ils ont plus ou moins doublé depuis 2008…

Le patrimoine des milliardaires aussi, sur cette période.

La dette totale des États en zone euro est passée de 6.600 milliards d’euros en 2008 à 9.600 milliards aujourd’hui. Ce sont les chiffres de d’Eurostat.

Où devait-il aller, tout cet argent ?

Dans les marchés financiers !

Les marchés, qui font les fortunes colossales des plus gros milliardaires, ont absorbé une quantité inouïe de nouvelles liquidités — venant de la zone euro, des États-Unis, ou d’Asie.

Mais on fera tout sauf ralentir le pas

Alors si les “inégalités” font parler les médias… on n’a entendu personne pour l’instant proposer de réduire simplement ces flux de liquidités.

Au contraire !

La plupart des commentateurs économiques prennent la position qu’ils pourraient faire encore beaucoup plus… en créant encore plus de dette — s’assurant simplement de dépenser cet argent différemment, cette fois.

On veut plus de taxes sur les “élites globalistes…” et des programmes pour distribuer plus d’allocations aux travailleurs.

Mais on n’est pas prêt de fermer le robinet — qui est pourtant à la source de tout ça.

Beaucoup mieux de laisser filer la dette…

Parce que dans les milieux des “élites” de Davos, on ne craint pas tant les État, ni la taxation. On craint surtout d’avoir à affronter le marché tel qu’il est… et sans l’adoucissement forcé par les taux ultra-faibles.

Sans le “coup de pouce” non-mérité qui est proféré par les injections incessantes de liquidités.

C’est cela qui leur fait le plus peur… Et c’est cela qu’ils ne sont pas prêts de remettre en question.

Cordialement,

Henry B

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