L’escroquerie au coeur du Grand débat

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L’Etat publie à présent les résultats du “Grand débat” — du moins, ils ont mis une synthèse en ligne.

Le questionnaire sur le site du gouvernement aurait reçu environ 2 millions de réponses.

Mais l’on est frappé par l’image de la France dans les réponses.

Ce pays-là ne ressemble pas à celui qu’on décrit en général… celui où l’on veut taxer à déperdition au nom de l’égalité et de la solidarité.

Au contraire, à en croire les réponses, la plupart des gens voudraient moins de redistribution, moins d’impôt, plus d’argent en poche.

La plupart des gens ne tombent pas dans “l’envie”

À en croire la presse populaire, “l’inégalité” serait le plus gros fléau du 21ème siècle.

Pourtant, la taxe la plus agressive contre le patrimoine, l’ISF, ne trouve de soutien que parmi 10 % des Français.

Et qu’en est-il de “faire payer les riches davantage ?”

Moins d’un tiers des répondants sont d’accord !

Quant à l’idée d’utiliser la taxation pour “encourager” certains comportements et en punir d’autres — en taxant par exemple les moteurs à combustion pour favoriser l’électrique — la majorité des gens n’en veulent pas !

58 % des gens opposent le principe !

Et puis, sur la question de l’Etat, la plupart des gens en veulent moins :

75 % des gens voudraient une réduction du déficit par un rétrécissement des dépenses.

Bref, le cliché des Français, baguette en main, et portant un t-shirt Karl Marx, est assez inapproprié.

Dans la réalité, la plupart des gens veulent moins d’Etat… moins de dépenses… moins de taxes.

L’escroquerie du Grand débat

Le meilleur moyen de gouverner un groupe de gens, c’est de les convaincre qu’ils sont aux commandes.

C’est le but ultime du Grand débat.

C’est de l’optique, pour convaincre les gens qu’il ne subissent pas les lois, les taxes, etc, mais qu’ils les choisissent eux-mêmes !

“C’est moi qui dirige,” sont-ils censés croire.

Et pour cela, il faut mettre en scènes des rituels dans lequel les gens se voient prendre les rênes.

C’est le coeur de la démocratie : On prétend au citoyen que c’est réellement lui aux commandes, grâce à son vote pour tenir les dirigeants comme responsables.

Mais méfiez-vous de telles illusions, qui sont trop souvent acceptées sans hésitation.

Pouvez-vous vraiment prétendre que les politiciens répondent de leurs actes, comme un agriculteur peut répondre de la qualité de son produit ? Ou marchand de la justesse de ses prix ?

En effet, ces derniers ont face à eux le risque de perdre leurs clients s’ils manquent à leurs promesses.

Mais les politiciens, en êtes-vous le client qui peut simplement dépenser son argent ailleurs ?

Certains vont rétorquer que le droit de vote est une forme de monnaie.

Mais en est-il vraiment ainsi ? Quelle forme de monnaie représente-t-il vraiment ?

Vous ne pouvez pas le donner, et pas le transférer. Vous ne pouvez pas le vendre. Vous ne pouvez pas l’épargner pour plus tard.

Des illusions dangereuses

Mon but, ce n’est pas de promouvoir une certaine cause. Ni même de vous encourager à ne pas voter.

J’évoque cela uniquement pour éclairer le fait que certaines des idées les plus répandues sont parfois les moins solides.

Or, une grande partie de nos vies aujourd’hui sont affectées par ces idées.

Par exemple, la BCE a injecté l’équivalent du PIB de la France dans le système bancaire, au cours des 4 dernières années, en rachetant de la dette.

Cela a contribué aux taux ultra-faibles… à l’essor de l’immobilier… à l’émission record de dette d’entreprise… au paiement record de dividende.

Tout cela repose sur des idées sur l’économie et sur l’argent qui sont pourtant peu solides.

En particulier, l’idée que la BCE pourrait soutenir les économies de la zone euro — et éviter un futur krach — rien qu’en imprimant de l’argent, en achetant de la dette, et en contrôlant les taux.

Et la plupart des gens ne le remettent pas en cause.

Mais à mon avis, tôt ou tard, les marchés vont tester la proposition. Ils pousseront la BCE et la Fed à des interventions encore plus massives… au-delà de ce qu’ils auraient pu prévoir.

Et là, le bien-fondé — ou non — de tout cet appareillage se révélera au grand jour.

À suivre.

Cordialement,

Henry B