L’incendie de la Cathédrale est une leçon qui coûte cher

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Emmanuel Macron sait réagir en “live…”

Il devait adresser les Français à la télévision hier soir… mais il a changé de planning.

L’incendie à la Cathédral de Notre-Dame, lundi soir, a en effet absorbé l’attention de tous.

Et le président y aurait accouru à la nouvelle des flammes.

En matinée, le bâtiment tenait toujours… du moins, vu d’extérieur. (J’y passais pour une course.)

L’édifice avait duré environ 8 siècles… qu’il s’effondre maintenant aurait peut-être laissé un blême sur le début du 21ème.

Surtout qu’aux premières informations, l’incendie a démarré en raison de travaux de “restauration.”

Comme quoi les intentions ne font pas les effets.

Mais il aurait été bien triste d’apprendre cette leçon par l’effondrement de ce testament  au génie du Moyen-Âge.

(Cette époque est souvent mal-représentée comme l’époque de “l’ignorance.” Même si nos villes, notre savoir et notre culture reposent en grande partie sur des bases posées à cette époque-là.)

Deux des premiers milliardaires de France — Bernard Arnault et François Pinault — ont déjà annoncé environ 600 millions d’euros en dons pour la reconstruction du monument.

Mais le danger n’est peut-être pas écarté. Les ingénieurs examinent toujours la structure pour le risque d’un effondrement.

Pourquoi l’incendie choque tant

La plupart des événements ne laissent pas un “avant” et un “après” faciles à distinguer.

Quand un politicien fait un discours, ou passe une loi, il existe toujours la possibilité d’un retour en arrière ou d’un “changement de cap” à l’avenir.

Mais dans le cas de l’incendie d’un vieil édifice, quelque chose a été perdu à jamais.

Quoi que vous fassiez, vous ne pourriez pas remonter le temps et défaire les effets.

Comme la mort… cela ne peut arriver qu’une fois.

Or, les gens, d’instinct, ont horreur de la perte. Ils détestent l’idée d’avoir perdu un bien irremplaçable.

Plus l’objet est rare, unique, difficile à remplacer, plus cela fait mal…

En effet, les gens reconnaissent la rareté, la limitation. Ils reconnaissent qu’il ne faut pas gâcher. Qu’il existe des conséquences réelles lorsqu’on utilise ou qu’on dépense mal une ressource.

C’est pour cela que la perte d’un monument aussi connu — ce que craignaient beaucoup de gens lors de la déclaration de l’incendie — suscitait tant d’émotion.

Tout à coup, les gens prenaient conscience de la fragilité d’un emblème qu’ils croyaient éternel.

Mais la destruction n’est pas toujours aussi évidente que dans ce cas-là

L’économiste Frédéric Bastiat expliquait au milieu du 19ème qu’il existait deux types de faits :

“Ce que l’on voit,” d’une part.

Et “ce que l’on ne voit pas,” d’une autre.

Les gens voient et ressentent la destruction “qu’on voit.”

C’est le cas lorsqu’un tremblement de terre frappe.

C’était le cas quand la Cathédrale a pris feu.

Mais ils ressentent et s’aperçoivent beaucoup moins de la destruction “qu’on ne voit pas.”

C’est-à-dire, toutes les choses qui auraient pu exister… qui auraient pu se passer si quelque chose ne les en avait pas empêché.

Si nos politiciens ne décidaient pas par exemple de déformer et de déranger les vies de millions et de millions de personnes par leurs interventions et leurs programmes.

Personne ne voit ce qui aurait pu exister si seulement l’Etat n’avait pas décidé de réguler ceci ou cela.

Si les bien-pensants n’avaient pas décidé de taxer, contrôler, ou interdire toutes sortes d’activités pourtant innocentes…

Vous ne pouvez pas, en France, établir le contrat que vous voulez avec un employé ou un patron. Vous êtes régi par des milliers de règles dans le Code du Travail.

Vous ne pouvez pas avoir le contrat d’assurance que vous voulez. Vous êtes contrôlé par le Code du Commerce.

Désormais, vous ne pouvez pas acheter la voiture qui vous plaît. Ni avoir le genre de logement qui vous plaît. Tout cela va aussi passer sous l’emprise de bureaucrates.

Qui s’émeut devant ce qui aurait pu être si seulement les gens étaient plus libres ?

Voyez : Tout cela fait partie de “ce que l’on ne voit pas.”

Et cela, personne n’y fait attention.

Cordialement,

Henry B