Après le Grand débat, M. Macron met la “planche à billets” en marche

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Dans le journal L’Opinion aujourd’hui, un éditorial dresse le bilan de l’économie depuis l’élection de M. Macron…

La vérité, c’est que la croissance en France baisse et les déficits de l’Etat grimpent.

Depuis l’élection de M. Macron, explique le journal :

“La croissance a reculé de 39 % (2,3 % en 2017, 1,4 % prévu cette année), l’investissement a chuté de 38 % (4,7 % en 2017; 2,9 % en 2018), les créations d’emplois ont été divisées par deux (329.000 en 2017 et 160.000 en 2018), le déficit commercial a augmenté de 3 % et le chômage n’a baissé que de 0,7 point contre 1,3 % dans la zone euro.”

Pendant ce temps, le gouvernement de M. Macron met “30 milliards d’euros sur la table pour les ménages,” ce qui s’ajoutera à un déficit de déjà 100 milliards d’euros par an, car l’Etat ne coupe pas de dépenses ailleurs.

Le journal conclut : Le gouvernement répond à la faiblesse de l’économie et les réclamations des citoyens (à l’issue du Grand débat) par le même outil…

À savoir : L’accroissement de la dette.

Par là, il ne diffère pas beaucoup du reste de la planète. Donald Trump l’a fait : Et l’économie des Etats-Unis enchaîne désormais “record sur record.”

Le Japon l’a fait, et la dette publique atteint à présent 256 % du PIB. Pourtant le pays n’a toujours pas piqué du nez.

Le journal signale que c’est une tendance ascendante de toute part :

Par exemple, la conseillère en économie du candidat Bernie Sanders, qui fera face à Donald Trump en 2020, est une convaincue de la théorie du “monétarisme moderne.”

Voici le topo de la théorie : Faites tourner la “planche à billets !”

Dans le pire des cas, disent-ils, les épargnes des riches disparaîtront dans le néant. Bon vent !

L’insouciance dans le l’air du temps

Mais en réalité, les illuminés ont raison : La dette pèse de moins en moins… Les taux baissent. Les banques et les autres créanciers prêtent de plus en plus facilement.

Où est donc le mal à s’en servir comme le souhaitent les M. Macron et compagnie ?

Voyez, la dette est un contrat… Elle n’a de valeur que parce qu’elle oblige le parti qui emprunte à fournir plus tard quelque chose au créancier.

Mais au fur et à mesure que les taux baissent… le poids de ces obligations constitue un fardeau de moins en moins sérieux. Et avec le temps, les emprunteurs en arrivent à la réalisation qu’ils ne pèsent rien.

Les taux sont si faibles qu’ils pourront toujours trouver quelqu’un d’autre pour fournir le capital pour rembourser leurs dettes quand elles arriveront à maturité.

D’où les géants tels que Uber… Lyft… Airbnb… ou WeWork.

Aucune d’elles rentable. Toutes valant à priori plus d’un milliard de dollars.

Quand la crise de 2008 a eu lieu, les autorités ont réagi avec l’exécution du plan financier le plus ambitieux jamais tenté. Ils n’ont pas pu se rendre compte de toutes les conséquences de ces manoeuvres.

Et au lieu de créer une “relance,” ils ont en fait donné naissance à une nouvelle génération d’entreprises qui n’ont pas le sentiment d’avoir à faire des bénéfices.

Et par là même, ils ont aussi donné naissance à une nouvelle donne pour les gouvernements… Où les choix difficiles sont repoussés toujours plus loin à l’avenir.

Et où ils sont réglés d’une manière de plus en plus abstraite.

Par exemple, la BCE rachète environ 60 milliards d’euros d’obligations sur le marché. Elle crée de l’argent pour cela. Ensuite, elle “annule” en quelque sorte la dette qu’elle a racheté, en rendant leurs paiements aux emprunteurs.

Qui a donc réglé la facture ? La BCE — avec de l’argent créé le jour-même, sans coût ?

Moi et vous ?

Les générations futures ? Les entreprises ?

Personne ne sait quel est le coût de tout cela — et qui le paye en réalité. Ce qui est certain, c’est que la trajectoire n’est pas prête de changer.

Cordialement,

Henry B