Quand le New York Times révèle la vérité sur l’UE

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L’homme est un loup pour l’homme…

L’on entend souvent quelqu’un dire qu’il “aime payer ses impôts.”.

Que vous aimiez les payer ou non, cela n’affecte en rien les conséquences si vous refusez.

Et il n’est pas prouvé que ces braves gens continueraient de faire les paiements qu’ils aiment tant, s’ils n’étaient pas obligés.

Ce n’est qu’une forme de vanité — comme si la personne se voyait quelque part un acteur dans l’échange, comme si elle était elle-même dans les rangs des puissants.

Où est-ce que je veux en venir ?

Un article dans le New York Times sort aujourd’hui qui dresse un tableau sur les subventions agricoles distribuées par Bruxelles entre membres de pays de l’UE.

Editorialement, le NYT est plutôt favorable à la redistribution et programmes étatiques.

Pourtant, même lui a trouvé dans ce vaste programme de subventions — payé 65 milliards $ l’année par les contribuables de l’UE — une injustice aberrante.

Alors que notre ancienne Ministre de l’Economie, Christine Lagarde, accède au trône de la BCE et réclame que les budgets nationaux soient consolidés et dépensés par les savants de Bruxelles de manière arbitraire, avec un “budget commun,” ne vaut-il pas s’attarder sur les effets réels de leur vision pour nous — petits citoyens de l’Union — jusqu’ici ?

Un nouveau système féodal

Ce n’est pas seulement que Bruxelles gaspille tout cet argent qui n’est pas le leur. C’est que ce système donne naissance à une élite qui sait profiter de l’incompétence du pouvoir central afin de dominer les gens qui n’ont rien demandé.

Voici l’ouverture du reportage par le vénérable journal :

“Sous le Communisme, les agriculteurs hongrois labouraient les champs qui encerclent ce village à l’ouest de Budapest, récoltant du blé et du maïs pour le gouvernement qui leur avait arraché leurs terres.

“Aujourd’hui, leurs enfants travaillent pour de nouveaux seigneurs, des oligarques et initiés de l’Etat qui ont annexé ces terres par des transactions opaques avec le gouvernement hongrois. Ils ont créé l’équivalent d’un système féodal moderne, en fournissant des emplois et des aides aux obéissants, et en punissant les réfractaires.

“Ces nouveaux propriétaires terriens sont, il s’avère, financés et encouragés par l’Union européenne.”

L’investigation menée par le NYT révèle que les subventions distribuées à travers l’Europe de l’Est sont librement appropriées par les élites les mieux connectées aux leviers du pouvoir, et qu’elles fournissent la base pour le maintien du pouvoir par ceux qui savent profiter du système.

En gros, c’est exactement ce à quoi il fallait s’attendre.

Par ailleurs, pour des raisons de pure politique européenne — pour compter sur la loyauté des uns, il faut leur fournir quelque chose en échange — aucune personne aux échelons élevés de l’UE n’a envie de remettre ce système en cause.

Toussent boivent à la même source. Et tous savent que réduire la taille et l’ambition de l’UE ne fera que réduire les budgets et la zone d’influence sur lesquels ils exercent un contrôle.

C’est pourquoi la tendance au sein de l’UE n’est pas vers le rétrécissement de ces programmes. Mais vers leur extension et agrandissement.

Explique l’article :

“La machinerie européenne à Bruxelles permet cette corruption mafieuse car s’y affronter signifierait de de changer un programme qui permet de consolider l’édifice fragile de l’Union.

“Les dirigeants européens peuvent s’affronter sur beaucoup de sujets, mais ils comptent tous sur l’arrivée de subventions généreuses et de vastes marges de manoeuvre pour les dépenser à leur gré.

“Remettre en cause ce système afin de réduire les abus qui ont lieu au sein des nouveaux membres serait perturbant pour un grand nombre de carrières politiques et économiques.

“Pour cette raison, quand le sujet des subventions agricoles passe devant l’Assemblée européenne cette année, la tendance n’est pas à réduire la corruption ni raffermir les contrôles. Mais justement à donner plus d’autonomie aux autorités locales sur leur utilisation de cet argent — contre l’avis des comités de surveillance internes.”

Le reportage par le NYT explique par la suite les détails de la corruption… y compris comment les proches et les alliés des dirigeants politiques ont pu prendre possession de vastes terrains de manière opaque… puis toucher des dizaines de millions d’euros par an en subventions européennes qui ont suivi les terres.

Le schéma n’est en rien exceptionnel. C’est de la politique de copinage avec de vastes sommes récoltées grâce à des alliances et amitiés politiques sur le dos des citoyens ordinaires.

Le gaspillage et la corruption sont peut-être les plus flagrants “là-bas,” en Europe de l’Est.

Mais même ici des dizaines de milliards sont distribués en lien avec des objectifs “environnementaux” supposés ou autres.

Ces dépenses enrichissent toujours certaines personnes qui arrivent à remporter des contrats d’Etat — pour construire des trains, des voies ferrés, des routes, des centrales, des éoliennes, ou un tas d’autres projets financés depuis Bruxelles, et attribués par des gens qui n’ont rien à perdre et tout à gagner quand ils paient avec l’argent des autres, sans qu’ils ne puissent être refusés.

Vers un “budget commun…”

Au lycée, nous apprenions de la part de notre chère professeur d’Histoire que le programme de l’UE était d’amener la prospérité en Europe de l’Est (entre autres objectifs ambitieux).

C’était pour cela que l’Europe offrait tellement d’emprunts vers les pays nouveaux. “L’argent appelle l’argent.” Il fallait que quelqu’un fournisse donc le capital de base pour que leurs économies puissent se développer.

Evidemment, personne — et surtout pas l’institutrice en question — n’allait poser la question de pourquoi, s’il y avait tant de projets prometteurs en Europe de l’Est en attente de financement, personne dans les banques privées, à la City de Londres, Wall Street, Berlin, ou Zürich n’était déjà sur le coup.

C’était simplement un cas d’ignorance de leur part, apprenions-nous. Ils ne voulaient pas prendre les risques, même s’ils allaient être rentables.

Si seulement quelques bureaucrates de Bercy ou de Bruxelles, des professeurs d’Histoire de Lycée, ou d’autres parmi ces gens pouvaient leur prendre les rênes ! Ils verraient tellement plus loin et apporteraient tellement d’améliorations à leur manière de fonctionner !

Eh bien, c’est justement ce qu’ils ont fait. Si les financiers ne voulaient pas y mettre le pied, ce n’était pas grave. Les intellectuels — grâce à la politique de l’UE, les comités basés à Bruxelles, et l’appui de la BCE — pouvaient pour une fois mener le jeu.

Et quelles belles oeuvres ils ont faites !

Quelques années plus tard, la majorité des pays de l’Europe de l’Est, ainsi que certains plus proches tels que l’Irlande ou le Portugal, étaient incapables de rembourser les emprunts effectués. Qui peut oublier la crise euro qui a failli replonger l’Europe dans une seconde crise en 2011 ?

Mais la nouvelle directrice de la BCE n’y voit pas une leçon sur la centralisation et le contrôle par des comités. Au contraire !

Expliquait-elle cet été :

“Il faut impérativement mêler les politiques nationales (…) et une capacité budgétaire commune centralisée au sein de la zone euro.”