Comment Christine Lagarde poursuit la spoliation des épargnants…

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Un éditorial dans Bloomberg aujourd’hui appelle Christine Lagarde a “tenir ferme” sur la politique monétaire, en conservant des taux à des niveaux très bas ou négatifs. Actuellement, la BCE ponctionne 0,5 % par an aux banques sur leurs réserves… ce qui est censé les inciter à faire plus de prêts.

Ecrivent-ils :

“Si la BCE croit que les taux négatifs deviennent contre-productifs, alors elle devrait changer de politique. Mais si elle croit que ces taux ont plus d’avantages que d’inconvénients (ce qu’elle affirme), alors elle devrait les maintenir aux niveaux actuels – voire les rabaisser encore plus.”

Une étude publiée par la BCE au cours de l’été suggère que leur politique est efficace : quand les banques sont forcées de payer des frais sur leurs réserves, elles incitent leurs clients à prendre de emprunts et à investir.

En devenant débitrices, les clients échapperont ainsi à la ponction des réserves — que les banques imposent aux entreprises et aux individus les plus aisés.

L’étude de la BCE montre que, comme voulu, les banques ont effectivement retiré l’argent qui “dormait” sur les comptes de la banque centrale. Les deposits ont baissé de plus de deux tiers depuis 2012, dernière date à laquelle le taux sur les dépôts demeurait dans le positif.

Le rapport montre par ailleurs que les banques ont relayé les taux négatifs dus à la BCE sur leurs clients… La proportion de banques en zone euro imposant des taux négatifs à leurs clients a grimpé de 0 % en 2014 à environ 14 % aujourd’hui.

Et nous savons par ailleurs que les entreprises ont répondu à l’appel en s’endettant massivement.

En zone euro, la dette privée, non-bancaire, a atteint 107 % du PIB.

Les banques et les entreprises changent de comportement — mais moins les particuliers

Mais au niveau des particuliers, les attitudes des individus n’ont changé que marginalement. Les taux d’épargne n’ont pas été modifiés de manière significative par le rabaissement des taux.

En d’autres termes, les individus préfèrent “encaisser” le coup plutôt que de renoncer à constituer leurs épargnes.

Les chiffres de l’OCDE montrent que dans les principaux pays à taux négatifs — l’Allemagne, la Suède, la Suisse, et le Danemark — les taux d’épargne demeuraient inchangés.

En Suède, au Danemark, et en Allemagne, les taux d’épargne sont même légèrement supérieurs à leurs niveaux de 2013.

Les particuliers ne sont tout simplement pas en position pour manoeuvrer les avantages des taux négatifs… à la différence de grosses entreprises, qui peuvent aisément émettre davantage de dette.

Et qui détiennent des actifs importants qui leurs permettent d’emprunter à coûts ultra-bas.

Les particuliers, par contre, ont principalement l’immobilier.

Les journaux rapportaient que les taux moyens pour un crédit immobilier étaient passés à 1,14 %, un plus-bas historique. Vous, comme moi, pouvez être surpris au nombre de gens autour de nous qui sont convaincus que l’immobilier représente le chemin vers la richesse.

Mais en pratique, les individus sont désavantagés par rapport aux banques et aux grosses entreprises lorsqu’il s’agit de tirer profit de prêts à taux ultra-faibles… Ils ne sont pas capables d’effectuer des opérations financières qui leurs permettent d’emprunter de grosses sommes. Et ils ont besoin d’avoir de l’argent à la banque quoi qu’il arrive… même s’il ne rapporte rien.

Mais la politique monétaire de la BCE était sotte dès le départ.

L’économie croît et la richesse augmente car les particuliers et les entreprises mettent les ressources à meilleur escient, en apprenant au fil du temps. Parce qu’ils profitent d’innovations pour proposer davantage de biens et de services, à des prix plus attractifs.

La richesse n’est pas constituée par le “bidouillage” financier d’un petit comité à Bruxelles.

S’ils n’en créent pas, alors ils dépensent la richesse des autres. C’est-à-dire qu’ils s’approprient les ressources réelles dans l’économie.