Les ETFs et le bienfait de la simplicité

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Encore une hausse dans le CAC 40, qui dépasse à présent les 6.100 points… sur les pas des bourses américaines qui ont grimpé de près de 1 %. Le marché bénéficiait des accords de “phase 1” entre Washington et Pékin mercredi.

Ainsi que de la ratification officielle d’un nouveau traité commercial entre les États-Unis, le Canada, et le Mexique.

Également, les ventes de détail ont grimpé de 0,7 % en décembre aux États-Unis, dépassant les attentes de 0,5 % chez les analystes.

Dans sa lettre la plus récente envoyée aux lecteurs du service Quitte ou Double , mon collègue Antoine expliquait que le marché était devenu “inconfortable.”

“[Le marché] ne retrace pratiquement pas et … les actions qui se trouvent sur des zones de résistances ne parviennent pas non plus à les franchir.

“Il manque, bien que ce marché soit haussier comme je le dis régulièrement sur TV Finance, un vrai retracement qui permette aux valeurs de prendre appui sur de solides zones de support susceptibles de mettre au jour des opportunités claires et franches.”

Le marché a besoin “d’élan,” concluait-il.

Mais avec la rupture de la barre des 6.100 points, le marché aurait-il établi ce nouvel élan haussier que cherchait Antoine ? Je vous en donnera des nouvelles prochainement.

Les ETFs high-yield achètent des actions peu aimées

Le sujet des trackers tels que ETFs nous préoccupe depuis quelques jours. Les investisseurs y déversent des quantités de plus en plus importantes de fonds… Les ETFs ont reçu des apports de 326 milliards $ en 2019, ce qui dépasse les 315 milliards $ investis en 2018, d’après ETF.com.

En raison des apports nouveaux et de l’appréciation globale des actifs l’année dernière, la taille totale des ETFs américains a grimpé de 1,1 billions $ sur l’année et atteint 4,4 billions $.

Une chose étonnante était l’appétit particulièrement prononcé pour la rente, plus que pour les indices classiques d’actions. Les stratégies fixed-income ont reçu la majorité des apports, soit 135 milliards $ (contre 130 milliards $ pour les stratégies visant l’appréciation du capital).

Vous le savez : les trackers tels que les ETFs ont en général des stratégies mécaniques. Les gérants n’analysent pas les actions au cas-par-cas, mais forment des paniers diversifiés, sur une base de critères objectifs.

Beaucoup d’ETFs, par exemple, achètent les actions en proportion à leur valorisation dans le marché. Par exemple, un ETF qui suit le S&P 500 contiendra 4,7 % d’action Apple aujourd’hui, car cela correspond à sa proportion de la valorisation totale de cet indice.

Dans certains cas, le marché dans l’ensemble voit une action d’un mauvais oeil, et la vend, mais un ETF — avec ses critères objectifs — continue d’acheter.

Si bien que les ETFs peuvent devenir les plus gros actionnaires de certaines sociétés.

Une action concernée par cette dynamique : un REIT du nom de Tanger Factory Outlets. Le cours du groupe a perdu 31 % sur un an. Les analystes n’aiment pas l’action car elle dépend d’espaces commerciaux dans les shopping malls, et ils craignent un rétrécissement du secteur sous l’effet Amazon… une tendance parfois appelée “l’apocalypse de la vente du détail” (retail apocalypse).

Mais les ETFs y sont insensibles… et en particulier des ETFs tels que SDY, qui vise les actions d’entreprises à dividendes élevés.

L’action de Tanger Factory Outlets s’est écroulée, mais le groupe n’a pas réduit le dividende. Donc d’un point de vue de rente, elle rentre toujours dans les objectifs d’un ETF tel que SDY. Elle paie en ce moment un dividende de 9 %.

Elle rentre aussi dans les critères d’ETFs tels que Vanguard Real Estate ETF, en raison de la valeur de ses actifs dans l’immobilier.

Si bien qu’à présent 58 % du capital de Tanger est détenu par des ETFs (contre environ 18 % en moyenne pour les actions, d’après Eric Balchunas de chez Bloomberg).

Cela signifie donc que l’action est soutenue non par la conviction d’actionnaires réels… mais plutôt par des règles simples qui la font cocher certaines cases.

Simplifier votre approche

Les ETFs réclament moins de frais. Et d’autre part, ils simplifient la vie de l’investisseur, qui n’a plus le sentiment de devoir surveiller de multiples actions particulières.

Mais évidemment, vous aussi, vous pourriez avoir une stratégie de cet ordre, sans passer par un ETF. Vous achetez des actifs selon un nombre de critères prédéfini.

Mon collègue Antoine, par exemple, colle de près à un nombre d’indicateurs spécifiques . Il y recherche un schéma spécifique. Sinon, il n’investit pas.

Il met ainsi de côté les émotions et il simplifie les décisions.

Vous pourriez aussi suivre une approche telle que celle de Chris Mayer, un gérant de fonds qui conseille une Family Office américaine, et que je connais bien.

Chris a mis au point une méthode simple qui semble porter fruit : “Les Rejetés du Monde.” En gros, une fois par an, il regarde parmi les indices mondiaux ceux qui ont connu les pires performances. Et il achète.

La philosophie n’est pas compliquée : les différents marchés tendent à se normaliser. Donc un marché sous-performant a de bonnes chances de rattraper les autres.

En janvier 2019, par exemple, vous auriez regardé les pays avec les pires performances en 2018. À savoir : l’Argentine (- 50,2 % sur l’année), la Turquie (- 43,35 %), la Chine (-28,64 %), et le Pakistan (-28 %).

Aujourd’hui, l’indice de l’Argentine MERVAL a pris 24 % sur un an. L’indice Turque XU100 a pris 25 %. L’indice chinois MSCI China a pris 20 %. L’indice pakistanais KSE 100 a pris 9,9 %.

C’est une stratégie brute. Elle ne fonctionne pas toujours. Certaines années, elle pourrait même afficher une perte. Mais son intérêt est de d’être simple et aisée à appliquer.