C’est l’endettement des entreprises qui pose problème

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Le marché a fait des faux-espoirs mercredi, avec un rebond rapide et exagéré le lendemain de Noël. Mais aujourd’hui, on retombe.

Le CAC 40 baisse à présent en-dessous des 4.600 points !

L’indice avait passé les trois quarts de l’année autour des 5.000 à 5.500 points. Il avait même franchi les 5.600 points au Printemps. Mais depuis, le marché tombe de plus en plus bas. Il n’a pas vu les niveaux d’aujourd’hui depuis décembre 2016 — 2 ans de gains rayées !

Que doit-on retenir du gonflement dans les actions ?

Le coeur de problème semble venir de l’endettement des entreprises

En dépit de revenus et profits records en 2018, le marché a du mal à garder le moral… Le problème étant que depuis 2008, le niveau d’endettement des entreprises a beaucoup grimpé.

La France est l’un des exemples les plus flagrants. On a plus de 132 % du PIB en dette des entreprises. Soit au total 2.322 milliards d’euros selon l’Insee. En 2008, on avait environ 1.300 milliards d’euros. Donc 1.000 milliards d’euros de dette en plus sur 10 ans.

C’est énorme… la moitié du PIB environ.

Mais le problème n’est pas unique à la France : Les États-Unis enregistrent un niveau d’endettement des entreprises de 9.100 milliards de dollars — contre environ 5.000 milliards de dollars il y a 10 ans.

On est du quitte au double.

Et puisque la crise de 2008, et les régulations qu’on a mis en place, ont empêché aux banques de pouvoir prêter cet argent aux entreprises, toute cette nouvelle dette circule dans des groupes privés tels que des hedge funds ou des fonds dédiés.

Mais du coup, quand les prix des actions baissent, le collatéral de la dette a moins de valeur. On attend de voir à quel point est-ce que le repli dans les actions affecte les marchés créanciers.

Voici ce que conclut le cabinet d’analyses Nomura :

“[Les entreprises] sont plus exposés aux conditions de marchés qu’à n’importe quel moment précédent  — le secteur bancaire en est plus protégé mais le marché au global est encore plus exposé aux créances des entreprises qu’auparavant. Nous attendons de voir l’effet que ça aura sur l’engrenage des effets leviers, mais on a nécessairement un risque accru de voir une situation où l’on ‘vend à tout prix.’”

C’est ce qui explique pourquoi, selon Reuters, les émissions de dette des entreprises sont retombées à leurs plus bas niveaux depuis 2011. À la rechute des marchés-actions, les conditions du marché créancier se durcissent.

Ne pas chercher des opportunités à la Une des infos

Si on veut investir, il faut approfondir beaucoup plus que de lire simplement la Une des infos. Donc ce qu’on lit dans les infos aujourd’hui — ce n’est pas le signal qu’il faut vendre, ni qu’on a une opportunité d’acheter.

Si on est sérieux, on reste sur les secteurs du marché encore peu explorés… on accumule une expertise qui dépasse celle qu’on la plupart des autres financiers et investisseurs. Ensuite, on se sert de cet avantage pour se placer, en espérant qu’on verra des retours intéressants.

Mais on ne fait pas du trading au jour le jour en essayant de devenir si la situation va continuer dans le même sens, ou si on va pouvoir profiter d’un retournement rapide.

Il vaut mieux investir longuement, avec beaucoup d’hésitation et de réflection. C’est totalement impossible si on investit en suivant les infos.

Mais dans quel type de domaine peut-on avoir un avantage ?

On peut se placer dans un marché peu connu ou peu suivi, ou peu accessible.

Tentez d’investir sur les obligations d’entreprise, par exemple, et vous verrez qu’il est très difficile pour un particulier. Vous devrez être client d’un grand fonds, ou avoir des millions d’euros à investir.

Il y a sans doute des opportunités, pour cette raison, dans les obligations.

Je serais aussi intéressé par les actions dans les pays les moins aimés — tels que la Grèce ou la Russie.

Mais il existe des raisons pour lesquelles elles s’échangent si “bon marché.”

En Russie, leurs revenus sont payés en Roubles, par exemple. Si celle-ci continue à baisser, vous perdrez au change. Et il y a toujours le risque que l’État russe décide de nationaliser ou de spolier les actionnaires étrangers.

Mais c’est aussi le genre d’endroit où les gros fonds ne vont pas… Si vous suivez une stratégie “ultra-long-terme,” c’est peut-être le genre de marché à étudier.

J’ai été en Russie avec un groupe d’investisseurs en 2013. J’ai rencontré les gérants d’un des principaux fonds ouverts aux étrangers.

Et sur le voyage, il y avait aussi un bon nombre de gens qui étaient là pour investir de l’argent de la part d’un milliardaire, ou d’un énorme fonds de pension ou autres. Ils étaient surtout là pour la “diversification.” Ils ne comptaient pas y mettre plus qu’un petit fragment des fonds qu’ils investissent.

Un montant assez faible pour qu’ils s’en passent dans le pire des cas. Mais assez gros pour en valoir la peine.

Cordialement,

Henry

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