La BCE dépoussière les méthodes d’après-crise

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Par Henry Bonner

Le marché français continue de garder la mine, avec un niveau de 5.650 points pour le CAC 40… soit une croissance de 21 % pour l’année !

D’où vient cette performance ? Il semblerait que ce soit surtout l’attente des interventions de la Fed et de la BCE sur les taux d’intérêts.

La Fed a déjà effectué deux baisses de taux en 2019, amenant son taux directeur de 2,25 % à 1,75 %. Par ailleurs, elle a aussi mis en place une opération de “liquidité quotidienne” dans le marché ultra-court-terme des repos, à hauteur de 75 milliards $.

Ces prêts sont remboursés du jour au lendemain, donc la balance de la Fed ne gonflera pas de plus de ce montant — en théorie en tout cas.

Par ailleurs, les marchés attendent aussi de l’assouplissement de la part de la BCE.

Le mandat de Mario Draghi prend fin le 31 octobre, et Christine Lagarde, ex-directrice du FMI, prendra les rênes par la suite — elle dirigera la banque pendant 8 ans.

Bien que Mme Lagarde n’ait pas annoncé de baisse de taux ni de relance des rachats par le Quantitative Easing, elle aurait été placée à la tête de la BCE pour ses liens plus étroits avec les pouvoirs publics européens…

…et cela inciterait vraisemblablement à favoriser des mesures de soutien, permettant aux gouvernements de s’endetter encore plus.

Ferdinando Giugliano, pigiste chez Bloomberg, résumait les arguments dans ce sens dans son éditorial récent — appelant à davantage d’intervention :

“Le conseil de direction de la BCE doit agir de manière décisive pour stopper la décélération des prix. Un premier pas logique serait de rabaisser le taux sur les réserves encore plus dans le négatif, en-dessous des – 0,4 %, ainsi que de rallonger encore plus la durée prévue de la politique de taux bas.

“Le conseil devrait passer en examen s’il existe un moyen de mitiger les effets endommageants de cette politique sur la rentabilité des banques, mais cela ne doit pas prendre la priorité.

“Un taux d’intérêt plus bas sur les réserves devrait encourager les créanciers à faire quelque chose d’utile de leur argent, plutôt que de le laisser dormir à la BCE…

“…Comme je l’ai dit précédemment, et comme la dit lui-même M. Draghi, la zone euro nécessite un stimulus qui dépasse la politique monétaire.

“Les gouvernements — Berlin en particulier — devraient se servir de taux ultra-bas afin de lancer un effort coordonné de stimulus fiscal, et de rééquilibrer les économies vers la demande domestique.”

Vieilles méthodes

L’idée du stimulus n’a jamais été mise en pratique avec succès. Le Japon dispose à présent d’une dette de deux fois la taille de son PIB de 5.000 milliards $, après année sur année de programme de relance avec une forte dose de travaux publics.

Ça n’a pas eu d’effet notable sur la croissance économique du pays, ce qui semblerait porter atteinte à l’idée qu’une augmentation des dépenses entraîne mécaniquement plus d’activité économique.

Mais l’expérience réelle n’est jamais suffisamment conclusive pour qu’on puisse dire avec certitude pourquoi les choses sont comme elles sont.

A ce que l’on sache, le Japon n’en a tout simplement pas encore assez fait !

C’est même cette théorie-là qui domine : Le Japon vient d’annoncer un nouveau programme de 90 milliards $ afin d’essayer de contrer la stagnation.

Mais certes, il est toujours plus facile de dépenser maintenant… sur une théorie… plutôt que de changer son attitude face aux faits…

…et c’est l’idée qu’on en a pas encore fait assez qui motive à présent la BCE à considérer une nouvelle baisse de taux.

L’économie étant un système complexe, on pourrait tout aussi bien estimer que les baisses de taux sont une cause de la stagnation, et non le remède approprié.

Bizarrement, les théories qui appellent les autorités à en faire moins sont rarement les plus populaires à leurs yeux.

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Les “invectives twittées” de Trump n’ont plus effet

Par Antoine Quesada

Conférence de presse de la FED

Comme prévu, une baisse des taux de 25 points de base a bien été annoncée par le Président de la Réserve américaine (FED) Mr Jerome Powell lors de la conférence de presse du 18 septembre dernier.

Sans surprise donc. Objectif clairement affiché de soutenir les marchés et d’insuffler de la confiance.

Mais un bémol toutefois : des incertitudes quant à l’avenir et le manque de visibilité face notamment à la guerre commerciale à laquelle se livrent les Etats Unis face à la Chine et l’Europe.

Les marchés habitués au soutien indéfectible des Banques Centrales devront toutefois s’attendre à ce que désormais des solutions pérennes émanent des pouvoirs politiques et de leur prise de décisions en matière budgétaires.

C’est en tous cas ce que souhaite la Fed à l’instar de la BCE comme l’a évoqué Mr Draghi la semaine dernière.

Les décisions que seront amenées à prendre les Banques centrales au terme de leurs prochaines réunions promettent d’être moins prévisibles.

Les marchés devront faire avec mais ils n’aiment pas çà.

En synthèse

Aucun signe de retournement n’apparaît pour l’instant…

Les marchés semblent montrer leur capacité à intégrer les doutes que pourraient susciter certains signes de ralentissement de la croissance mondiale.

Ils préfèrent s’en tenir aux promesses de soutien des banques centrales malgré les réserves récemment émises par ces dernières lors de leurs récentes conférences de presse.

Il apparaît aussi très clairement que les investisseurs se soient habitués aux « invectives twittées » du Président des Etats Unis qui impactent de moins en moins les marchés.

Est-ce qu’il faut attendre un recul pour acheter ?

N’oublions pas que le plus important en matière de placement boursier n’est pas un prix d’achat forcément bas.

Contrairement à ce que nous apprécions tous aux moments des soldes pour des achats de vêtements par exemple, où les prix bas sont synonymes de bonnes affaires ; ce qui importe ici, c’est que quel que soit le prix d’achat d’un actif financier, il y ait un réel potentiel de hausse.

C’est-à-dire de plus-value à suivre.

Les cours du pétrole

Les récents évènements contre l’Arabie Saoudite ont provoqué une envolée des cours du pétrole d’environ 6 % avec des pics de plus de 12 % aussi bien sur le pétrole Brent de la Mer du Nord que sur le WTI américain.

C’est un secteur sur lequel je me penche pour mes prochains placements.