La BRI fait l’état-des-lieux sur le gels des “repos…”

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Le gel du marché des “repos” (les prêts ultra-court-terme collatéralisés) en 2008 avait causé la faillite du géant Lehman Brothers… c’est en partie pour cette raison que la nouvelle d’une “contraction” dans le marché en septembre avait poussé la Fed à une réaction immédiate.

Les taux — en annualisés — sur les prêts “repos” avaient grimpé d’environ 2 %, le niveau de l’objectif de la Fed, à près de 10 %, presque du jour au lendemain. Cela a amené la Fed à effectuer des opérations de marché musclées — des prêts massifs pour compenser le manque de liquidité sur ce marché. Si bien que la Fed a injecté 323 milliards $ sur le marché obligataire, rien que depuis septembre. (Voir graphe de Bianco Research ci-dessous).

Pourtant, les causes profondes du débâcle demeurent encore un mystère.

La Banque des règlements internationaux (BRI) vient de publier un compte-rendu de la situation… tentant de clarifier les causes et effets de la situation.

Mais bien que leur rapport apporte quelques clarifications, il montre que même les gens les mieux informés sont encore dans le flou sur la situation…

En principe, des taux annualisés de l’ordre de 10 % auraient dû attirer des créanciers désireux d’engranger ces retours. Mais ceux qui peuvent prêter sur ce marché — les grosses banques — n’ont pas été en mesure de le faire, ou alors ont préféré s’abstenir, alors que leurs réserves — et donc leur capacité à faire de prêts — n’a jamais été aussi élevée.

Mais l’étude de la BRI montre que les banques, bien qu’elles aient une quantité élevée de “réserves” à la Fed, préfèrent en réalité les obligations du Trésor. Or, celles-ci ne sont pas mises à disposition sur le marché des “repos.” Il s’agit d’une réserve moins liquide.

Alors que les 30 premières banques américaines détiennent environ 120 milliards de dollars de réserves, elles détiennent le double de ce montant en obligations du Trésor.

Le marché des “repos” marche sur la base d’une banque faisant un prêt à une institution. Le collatéral qu’utilise l’institution — telle qu’un hedge fund –, ce sont les obligations du Trésor.

Or, les banques ont des quantité élevées d’obligation du Trésor. Et relativement, beaucoup moins de réserves… cela explique donc pourquoi les banques auraient pu être réticentes à vouloir prêter ce dont elles ont relativement peu — les réserves –, contre un collatéral qu’elles détiennent déjà en grosses quantités, les obligations du Trésor.

En septembre, le Trésor américain aurait émis une quantité encore plus élevée que d’habitude de nouvelles obligations du Trésor… que les banques — ou agents du Trésor — ont payé en réserves.

Cela a poussé encore plus d’obligations sur le marché… et réduit la quantité de réserves disponibles au marché du repo. Selon le graphe de la BRI ci-dessous, plus de 600 milliards $ ont quitté le marché entre 2017 et 2019. Mais cela a violemment accéléré entre août et septembre 2019, période sur laquelle plus de 120 milliards $ ont quitté le marché.

Mais le rapport du BRI note aussi que, depuis la crise, les banques ont perdu le “savoir-faire” nécessaire pour faciliter ce marché ultra-court-terme…

Maintenant que la Fed a repris le relais — injectant à perdition des fonds afin de contrer le problème — il est peu probable que cette “dégénération” interne du marché se règle d’elle-même…

Cela alors que les obligations du Trésor continuent d’affluer à grande vitesse sur le marché.

Un autre rapport de la BRI indique que les mêmes problèmes sont présents en Europe… bien qu’ils n’aient pas encore éclaté au grand jour.

Affaire à suivre, donc.