La France fait un virage à la sauce crypto

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En dépit de taux d’intérêts toujours bas, et constamment rabaissés par les autorités monétaires, la croissance ne redémarre pas.

Les taux de croissance affichés par l’économie française sont en recul progressif depuis les années 1960.

De 1,5 % de croissance en 2018, le taux de croissance devrait encore redescendre à 1,2 % en 2019 selon l’estimation du Fonds monétaire international.

En soi, cela n’est peut-être pas si étonnant.

Selon les historiens économiques Charles Feinstein et Sidney Pollard, le taux de croissance moyen en Grande-Bretagne était de seulement 1,5 % dans les premières phases de la Révolution industrielle, dans les années 1770 à 1815, avant de grimper plus tard au cours du 19ème siècle.

Ceci représente donc un retour vers les tendance historiques.

Mais voilà qu’il faut que la BCE se charge de la déjouer.

L’assaut contre les particuliers

La théorie du “progrès” enseignée à l’école dit que l’avenir est toujours meilleur que le présent. Et que le présent est toujours meilleur — plus éclairé, plus égalitaire, ou plus rationnel — que le passé.

Sur cette base-là, des tribunes de journaux, commentateurs sur les plateformes télé, et universitaires respectés réclament que le fruit des progrès de l’avenir n’attende pas de se produire de son plein gré ; qu’il soit rapporté à aujourd’hui.

Que la croissance décolle non pas le jour où les conditions le permettent, mais ici, maintenant.

C’est de là que sort le discours “innover et investir” tenu par les chefs d’Etat européens, ainsi que la nouvelle directrice de la BCE, Christine Lagarde.

Elle appelle depuis son ascension au trône à la mise en place d’une politique de dépense plus importante, pilotée non par les gouvernements des pays, chacun chez soi, mais au niveau de Bruxelles, et maniant l’ensemble des budgets des pays de la zone.

“Si les pays stimulent la croissance en investissant dans les secteurs productifs de l’économie, ils stimulent non seulement la demande à court terme, mais fournissent également les ingrédients nécessaires au maintien de la compétitivité face aux enjeux mondiaux à long terme,” expliquait-elle lors d’une intervention à la BCE en novembre.

Ainsi, la BCE a appliqué les taux négatifs dans la zone euro. Comme le montre l’étude de la BCE elle-même, les banques sont en train de répercuter ces coûts sur les clients.

Voici la proportion de banques qui offrent des taux négatifs à certains de leurs clients. Elle était nulle au début de la décennie. Cette proportion a progressé pour représenter une part importante — et qui continue à augmenter — des banques en zone euro.

En plus des déformations inévitables causées par le bidouillage des taux, ces politiques ont un coût réel porté par les particuliers.

Comme nous l’avons vu hier, ils ne sont pas en mesure de profiter de ces taux de la même manière qu’une entreprise ou une banque. Du coup, ils “encaissent” le coup de ces taux très bas, répercutés sur les épargnes.

Mais tout cela n’est possible que parce que les Etats contrôlent la monnaie…

Le même détournement à la sauce “crypto”

Les journaux annoncent aujourd’hui que le gouvernement français travaille sur sa propre monnaie crypto nationale.

Selon 20 Minutes :

“Cette initiative de la banque centrale française constituera une première dans la zone euro. Son but sera de développer à terme un « euro digital », a expliqué à l’AFP la Banque de France. Concrètement, il s’agirait d’un euro sous forme numérique dont les mécanismes d’émission pourraient reposer sur des technologies comme celle de la blockchain.”

Les différents pouvoirs européens et américains ont fait grise mine face à la proposition de Facebook d’établir une monnaie. Les autorités ont effectivement menacé des poursuite judiciaires si le géant du réseaux sociaux tentant de mettre la “libra” sur le marché.

Car les autorités ont bien compris ce que permet de faire le contrôle de la monnaie. Il permet en gros de vous approprier une partie du travail des autres. Vous avez le pouvoir de créer de la monnaie à partir de rien — ce qui demanderait aux autres du travail, de l’épargne, et un comportement sensé pendant de nombreuses années.

Les autorités ont donc évoqué des “risques structurels” vagues lorsque Facebook a d’abord proposé la libra.

Mais voilà qu’ils empoignent cet outil “dangereux” pour eux-mêmes. Ce n’est qu’un nouveau détournement à une nouvelle sauce.