Le sang coule à nouveau dans le désert

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Le CAC 40 revient par-dessus les 5.500 points. Les raisons sont les mêmes qu’à chaque reprise : l’on voit au loin la possibilité d’une détente entre la Chine et les Etats-Unis. Et de plus d’assouplissement de la part des banques centrales.

En effet, la Fed serait plus sensible aux indicateurs de récession qu’on a pu le penser précédemment.

Rien de nouveau…

Faisons un petit détour pour parler de l’offensive dans le nord de la Syrie par la Turquie, hier…

“La culture arabe a sa propre version de l’histoire”

Une amie me parlait hier d’un livre qui va sortir — sur lequel elle travaille — racontant l’histoire du monde, du point de vue de Monde arabe… écrit par un Égyptien qui vit en Amérique.

“Ça n’a rien à voir avec ce que nous apprenons tous à l’école,” expliquait-elle.

“Evidemment, les faits sont plus ou moins les mêmes. Mais les dates importantes, les héros et les personnages qu’on retient ne le sont pas.”

Les Croisades ? Une invasion étrangère, sous des prétextes fumeux, qui n’ont réussi que dans un premier temps avant de se terminer en défaite cinglante pour les Croisés.

Richard Coeur-de-lion ? Un aventuriste étranger qui n’a jamais réussi à remporter de victoire importante, tout en se montrant incapable d’honorer sa Parole.

Mais c’est loin d’être la seule partie de l’histoire sur laquelle les deux cultures divergent.

La Renaissance ? Rien d’important à voir.

Et ainsi de suite.

Mais n’empêche que les éléments belliqueux des Etats… que ce soit durant le Moyen-âge, ou le monde actuel… n’ont jamais particulièrement cherché à comprendre le détail.

L’on ne veut savoir qu’une chose : Qui sont nos amis et qui sont nos ennemis ?

Mais tout comme les dunes changent de forme d’année en année, les alliances et les circonstances sont en perpétuel changement.

Le sang coule à nouveau dans le désert

A peine le sable a-t-il fini de retomber à terre après l’invasion de l’Etat islamique qu’un nouveau conflit démarre… Celui-ci, combien de temps durera-t-il ?

Les Kurdes sont un ennemi héréditaire de la Turquie depuis l’ère de l’Empire ottoman, et la dernière offensive fait partie d’une longue liste de conflits armés depuis plusieurs décennies.

Ces événements font seulement illustrer la confusion qui règne chez l’électorat américain, et même chez les médias, sur ce qui se passe réellement entre le Tigre et l’Euphrates de nos jours.

Le nombre de factions a toujours été quasiment impossible à saisir, les alliances de circonstance se liant, et se défaisant au gré des événements.

Mais les complexités du Monde arabe sont généralement ignorées par le citoyen moyen en Europe ou aux Etats-Unis.

Le récit qui émergeait le lendemain de l’offensive était que Donald Trump avait abandonné un allié critique des Etats-Unis dans la région.

Le problème est que les Turques ne font qu’appliquer la même logique catastrophique établie par les Etats-Unis depuis longue date… celle de vouloir amener la paix par les armes.

Ainsi, le gouvernement d’Erdogan appelait cette attaque “l’Opération du Printemps de la Paix.”

Expliquait le chef d’Etat turc dans un tweet : “Notre objectif est de détruire le corridor de la terreur qui est en train de s’établir sur la frontière sud, et donc de créer la paix dans la région.”

C’est effectivement ce qu’auraient pu affirmer les autorités américaines à tout moment au moins depuis l’invasion de l’Irak en 2003.

Pratiquement toutes les opérations militaires qu’ont entreprises les Etats-Unis — à l’image de nombreuses autres grandes puissances dans l’Histoire — depuis leur création ont été sous l’égide d’amener la paix (ou “la démocratie”) dans une partie du monde ou un autre.

Après tout, qui veut la paix prépare la guerre.

Presque la totalité des médias et des commentateurs explosaient de critiques contre Donald Trump — il aurait exposé les Kurdes, qui sont les alliés des Etats-Unis, à l’attaque de la Turquie, à cause de sa volonté de retirer les troupes et l’aide militaire américaine dans la région.

L’Amérique en aurait fait trop… puis pas assez.

Mais quoi qu’il en soit, le sable aura vite fait de brouiller à nouveau les lignes.