“L’effet octobre” frappe les marchés

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“L’effet octobre” a resurgi.

Selon une étude de Harvard utilisant l’indice de volatilité VIX, la volatilité grimpe en moyenne de 4 point entre juillet et octobre.

Et, comme si c’était prévu, le mois démarre avec une déception sévère qui a coupé l’élan du marché-actions dans ses pas.

Cela est arrivé après la publication de nouvelles décevantes sur la croissance aux Etats-Unis, ainsi que sur le niveau de l’inflation en zone euro.

Le CAC 40 avait tout juste franchi la barre des 5.700 points, pour la première fois depuis octobre 2007. Mais il a subitement rebroussé chemin, pour revenir tout proche des 5.500 points.

Les nouveaux indicateurs confirmaient qu’une récession pour 2020 est encore plus probable que prévu. L’indice de la production manufacturière aux Etats-Unis signalait une contraction, avec un niveau de 47,8 %, soit le taux le plus faible depuis juin 2009.

Un équivalent mondial de cet indice, publié par l’Organisation mondiale du commerce, est à son plus-bas depuis 2010 :

Et l’indice des commandes à l’export était à 41 %, soit le pire score depuis le fond de la Grande récession, en mars 2009.

En zone euro, alors que la BCE a l’objectif d’une inflation de 2 % annuels, les derniers chiffres évaluent le taux actuel à 0,9 %.

Par ailleurs, le prix du baril de pétrole continue de baisser doucement après des doutes sur la capacité de l’Arabie saoudite à remettre en cours ses exports. Cela signale que les marchés prévoient que la demande pour le pétrole rester mutée, l’économie mondiale ralentissant son expansion.

Une étude sucrée

Le monde est plus riche qu’en 1980. Tout le monde est d’accord.

Mais comment le prouver ?

C’est le but de l’étude des chercheurs Gale Pooley et Marian Tupy, dans une étude publiée en mai.

Ils tentent d’y montrer que la personne typique est beaucoup plus riche aujourd’hui — en termes de ce qu’il peut acheter avec le salaire moyen — qu’il ne l’était il y a 40 ans.

Leur richesse réelle a été accrue de 3,62 fois, selon leur indicateur, nommé le Simon Index, montrant les prix de 50 “matériaux de base” en termes du temps travaillé nécessaire pour en acheter une quantité fixe :

Selon la colonne verte, vous voyez que, avec le salaire médian (mondial), on pouvait acheter 7,89 fois plus d’uranium aujourd’hui qu’en 1980.

On pouvait aussi par exemple acheter 5,17 fois plus de coton.

Ou encore 2,55 fois plus d’oranges.

7,3 fois plus de sucre.

La personne ordinaire n’est-elle donc pas mieux servie d’avoir plus que d’avoir mois ?

Et n’est-ce donc pas la preuve que les gens se sont réellement enrichis ces 4 dernières décennies ?

Les chercheurs qui publient cette étude ont le but de montrer que, au contraire des propos malthusiens sur les limites des ressource terrestres, les ressources sont plus disponibles que jamais, en dépit de l’accroissement de la population.

Pas si simple

C’est en réalité faux de conclure que les gens sont mieux servis d’avoir plus à un moindre prix.

C’est le cas uniquement s’ils veulent réellement de ces biens, et de si l’accroissement de la disponibilité de ces ressources représente une richesse réelle pour eux.

Mais c’est là que le chercheur jette l’éponge, parce qu’il veut mesurer les choses d’un point de vue purement chiffré.

Et la valeur des biens, en l’occurrence, est quelque chose d’entièrement subjectif. Et qui est découvert en permanence par les marchés, par le mécanisme des prix.

Si ces 50 biens de base coûtent moins cher que jamais, c’est justement que chaque nouvelle unité produite n’a pas la même valeur que la précédente.

Plus il y en a, moins cela améliore la richesse réelle des gens. C’est pourquoi un kilo de poivre ne vaut plus autant qu’un kilo d’or. Et pourquoi le sel n’est plus utilisé comme monnaie.

Donc comment savoir si les gens se sont réellement enrichis ou non ces dernières décennies ?

La réalité, c’est que cette question est absurde.D’abord car la richesse est toujours relative.

Un “riche” du 15ème siècle avait peut-être accès à moins de ressources que quelqu’un de la classe moyenne aujourd’hui. Cela ne signifie pas qu’il n’était pas riche.

Et deuxièmement, l’abondance de produits de base ne correspond pas forcément à une amélioration réelle.

Cela vaut aussi pour l’augmentation de la vitesse de votre smartphone.

Cela est certes une amélioration.

Mais un iPhone deux fois plus rapide, ce n’est pas forcément avoir une expérience d’utilisateur 2 fois meilleure.

Tout ce que l’on peut dire, c’est que le monde a fini par résoudre un certain nombre de défis logistiques et technologiques… cela a réussi à mettre nettement plus de biens physiques, à des prix moins élevés, sur les marchés.

Et pour des milliards de personnes qui n’avaient pas accès à cette abondance en 1980, cela représente sans doute une amélioration réelle.

Mais pour le Français typique ?

C’est plus difficile à dire.