Les IPOs ? Pourquoi il faut voir ailleurs

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Certaines des “IPOs” les plus vantées de l’année ont fait un plat… Des groupes comme Uber, Lyft, et Slack ont déçu les actionnaires et baissé en Bourse.

Pas surprenant étant donné les promesses qui étaient faites au moment de leurs introductions… ce qui est surprenant, c’est qu’elles obtiennent encore des valorisations aussi sur-dimensionnées.

Mais la gravité a au moins pris le dessus sur un prétendant à la plus grosse IPOs de l’année :

WeWork, la société de coworking, a réévalué sa valorisation d’entrée en Bourse.

Le groupe se valoriserait à 25 milliards $ contre 47 milliards $ mentionnés précédemment.

Même dans l’ère de l’argent facile, et des dot-com 2.0, les marchés ont tiré la langue face au bilan financier fragile, et le business plan encore non-rentable de la licorne.

Cette nouvelle valorisation serait en pratique une perte de 50 % pour le principal soutien financier de WeWork, le groupe japonais SoftBank, qui y a injecté 10 milliards $ ces dernières années.

Un “signal puissant” sur la direction du marché

Pour Dan Ferris, un analyste chez Stansberry & Associates écrivant sur le sujet des IPOs en 2019, les introductions deviennent de plus en plus délirantes — du point de vue qualité et prix.

Exemple : l’IPO de la société Peloton. Elle vend des vélos d’appartement.

Ecrit M. Ferris :

“La société vend des vélos d’appartement dotés d’écrans de télé, à 2.000 $.

“Les écrans en question ont de particulier que vous pouvez payer 39 $ par mois, et avoir devant vous l’image d’un inconnu qui pédale lui aussi, sur la même machine. La personne à l’écran, c’est un instructeur qui vous dit ce que vous devez faire. Il vous dit comment pédaler, et vous lance un ‘bon travail!’ même si vous ne faites rien à part manger des chips.

“Mais c’est bien que la personne soit là. Comment sauriez-vous sinon quand vous devez vous arrêter de pédaler, si par hasard vous appreniez comment fonctionne l’appareil ? Les 39 $ par mois sont donc un bon usage.

“Peloton vous attire grâce à des spots publicitaires dans lesquels des gens en bonne forme, jeunes, et jolis pédalent sur ces vélos d’intérieur pour perdre des kilos, transpirant comme jamais, et observant l’écran sur lequel un coach leur crie des instructions sur comment pédaler.

“Peloton ne se résume pas non plus à un seul produit. Il va bientôt se mettre à vendre son prochain produit : un tapis roulant à 3.995 $.

“Les tapis roulants de Peloton sont si chers car — vous l’aurez deviné — ils sont parés de grands écrans télés. Or comment sauriez-vous comment faire pour marcher ou courir si vous n’aviez pas l’écran, l’abonnement à 39 $, et l’instituteur sur l’écran ?”

Et en dépit de haut prix de son produit, la société n’arrive pas à générer de revenu depuis sa création en 2012.

Dans les documents fournis en anticipation de l’IPO par l’entreprise, ils écrivent ceci :

“Nous avons réalisé des pertes opérationnelles dans le passé, prévoyons d’en réaliser dans l’avenir, et pourrions ne jamais atteindre ni maintenir la rentabilité.

“Nous avons réalisé des pertes opérationnelles tous les ans depuis notre création en 2012, dont des pertes nettes de 71,7 millions $, 47,9 millions $, et 195,6 millions pour les années fiscales 2017, 2018, et 2019, respectivement, et nous nous attendons à ce que nous continuions à réaliser des pertes nettes pour l’avenir prévisible.”

Pour M. Ferris, l’IPO de Peloton représente l’état du marché aujourd’hui :

Les conditions de marché se sont détendues au point de permettre à tout et à n’importe quoi — aussi importantes soient ses pertes — d’obtenir une cotation en Bourse.

L’envoûtement pour les “plateformes,” l’idée qui se cache derrière toutes ces IPOs peu rentables

Jeff Spross chez The Week explique pourquoi les actionnaire sont prêts à parier sur autant d’IPOs non-rentables.

C’est parce qu’ils sont persuadés par “l’effet réseau.”

Facebook en était l’exemple canonique. Il a attiré tellement d’utilisateurs que les gens n’avaient rapidement plus aucun intérêt à se mettre sur d’autre plateforme à part la leur.

Mais la question est de savoir si cet effet-là vaudra aussi pour les sociétés Tech qui entrent en Bourse cette année :

“Les IPOs Tech reposent toutes sur des plateformes d’un genre ou d’un autre. Pinterest est une plateforme pour cataloguer et partager des idées ou des intérêts en commun. Airbnb est une plateforme pour les sous-locations. Uber et Lyft sont des plateformes pour les trajets en véhicule. Et ainsi de suite.

“L’idée derrière ‘l’effet réseau,’ c’est qu’une plateforme augmente naturellement en attrait plus elle devient répandue et utilisée.

“Plus il y a de gens qui utilisent Pinterest ou Facebook ou Airbnb, plus ces plateformes deviennent attirantes pour de nouveaux utilisateurs.

“Ce qui se produit en ce moment dans la Tech, c’est une sorte de ‘course à l’armement’ pour les plateformes. Les entreprises et les actionnaires qui acceptent de subir les pertes à court-terme afin d’obtenir le plus gros nombre d’utilisateurs possible dès le départ, plus les effets réseau seront puissants, et plus il sera difficile à un compétiteur de les déloger.”

Qu’est-ce que vous devez en retenir ?

 Un investissement de “bon père de famille,” ce n’est pas d’investir sur la prochaine IPO.

C’est plutôt de se positionner sur les actions stables, mais peu remarqués.

Une manière de détecter qu’un placement est moins à la mode, c’est qu’il paye un rendement élevé.

Cela signale que les actionnaires sont généralement pessimistes sur l’avenir du cours. Ou encore qu’ils croient que le dividende devrait baisser à l’avenir.

Certes, ils peuvent avoir raison et le cours peut effectivement chuter encore, ou le dividende baisser.

Mais le moyen de gagner de l’argent dans les actions, c’est de rechercher les situations où l’opportunité est assez grande — et assez probable — pour justifier le risque que l’on prend.

Cordialement,

Henry Bonner