L’Insee révèle ce qui sépare les très riches des autres

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L’Insee vient de publier ses données à propos des “inégalités” de patrimoine en France. Le groupe trouve que les 10 % de Français les plus riches détiennent la moitié du patrimoine du pays. Cela vient surtout de la possession d’actifs financiers, telles que les actions ou les contrats d’assurance-vie, ou alors de l’immobilier.

Par ailleurs, le rapport prend note du fait que les inégalités de patrimoine sont nettement plus importantes que les inégalités de revenus. En effet, parmi les 10 % de gens les plus riches, le patrimoine minimum est de 607.000 euros. Le patrimoine le plus élevé, à l’inverse, parmi les 10 % les plus pauvres, est de 3.800 euros. L’écart entre les deux, explique le rapport, représente 160 fois.

Cet écart est nettement plus important que les écarts de revenus. Entre le revenu maximum des 10 % les plus pauvres, et le revenu minimum des 10 % les plus riches, l’écart est de 4,6 fois. Ce qui veut dire qu’il est nettement plus facile de devenir “riche” en termes de revenus, que de le devenir en termes de patrimoine.

Par ailleurs, l’Insee décèle encore autre chose de plus notable… Le patrimoine financier — tel que les actions d’entreprise — constituent la séparation la plus importante entre les “riches” et les “très riches.” En effet, les actions d’entreprise sont plus concentrées entre les mains des plus riches que l’immobilier. Alors que la moitié du patrimoine total est détenu par les 10 % les plus riches, le groupe plus exclusif des 5 % les plus riches détient la moitié des actifs financiers.

Voyez le graphe ci-dessous : les riches ont généralement une majorité de patrimoine immobilier. Mais les gens qui sont dans la part la plus haute — les 5 % les plus riches — détiennent plus de patrimoine financier et professionnel (les bâtiments, machines, terres agricoles, ou autres biens dont le but est d’être exploité économiquement).

Ces deux constats doivent-ils vraiment nous surprendre ? En effet, comme le sait n’importe quel banquier pour les “ultra-riches,” un haut salaire ne suffit pas, en soi, à faire partie des plus riches. Les salaires ne sont que la superficie.

Ceux qui gagnent les sommes les plus importantes — de loin — sont les détenteurs d’actions d’entreprises qui paient des dividendes, ou de patrimoine immobilier qui paie des loyers.

Lorsque les entreprises effectuent des bénéfices, elles peuvent les verser aux actionnaires sous forme de dividende.

Les actionnaires obtiennent donc un revenu immédiat, tout en conservant un actif qui peut continuer à leur fournir d’autres revenus par la suite, sans pour autant qu’ils n’aient à effectuer de travail supplémentaire… (mais la valeur de l’action peut baisser et les revenus payables sont imprévisibles, comme le sont les bénéfices.)

Ces constats ne vous surprendront pas si vous avez une familiarité avec le monde de l’entreprise ou de la finance.

La source du creusement des écarts 

Le constat est à peu près omniprésent : les très riches s’en sortent mieux que la personne typique au cours des dernières années… Un autre rapport de l’Insee indique que la réforme de l’ISF et l’imposition de la “flat taxe” sur le revenus ont particulièrement aidé les détenteurs de capitaux.

Et selon Oxfam, les 1 % les plus riches — mondialement — ont “accaparé” 82 % des nouvelles richesses créées en 2017… ce qui les mène à dire que “la crise des inégalités continue d’empirer.”

Mais bien sûr, l’idée de cette lettre n’est pas de critiquer les écarts de richesse, mais plutôt vous aider à analyser vos propres choix financiers.

L’idée qu’il existe une “crise des inégalités” est loin d’être certaine. Nous savons qu’à travers les siècles, les écarts de richesse, au global, n’ont rien d’exceptionnel. “Vous aurez toujours des pauvres avec vous,” dit Jésus dans le Nouveau testament. Les très riches aussi.

Si dans les pays développés, les inégalités semblent généralement augmenter, une étude du Brookings Institute indique qu’à l’échelle planétaire, ce n’est pas le cas. En fait, puisque les pays pauvres s’enrichissent plus rapidement que les pays déjà riches, les écarts de richesse sont en repli pour la première fois depuis la Révolution industrielle.

Le plus fondamental à retenir, c’est que les actifs, et non les salaires, sont le déterminant le plus critique sur la richesse.

Générer un revenu élevé semble généralement le plus attirant dans le court-terme. Mais en réalité, c’est moins important que de détenir le contrôle d’un actif qui peut s’avérer rentable.

Mais peut-être que cela vous était-il déjà évident.