Pourquoi je ne crois pas à l’investissement IMPACT

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Le CAC 40 remonte un peu la pente, mais reste près des 5.500 points. D’abord, le marché a pris peur face à la publication d’indicateurs qui présagent une récession en 2020. Ensuite, ils ont repensé à la présence des banques centrales, et des “munitions” de la Fed ou de la BCE.

En effet, l’une et l’autre n’attendent que le signal pour déployer leurs méthodes “anti-crise.”

Le flou entre prédateur et coopérateur

Les différentes méthodes pour s’enrichir tombent en deux catégories : coopérer ou vaincre.

Les vainqueurs des conflits armés — et l’on peut y ajouter les vainqueurs aux élections ou dans les combats menés dans les coulisses de l’Elysée ou de la Maison blanche — ont généralement la capacité de se procurer de la richesse d’autrui sans leur demander de consentement. Et sans rien offrir en retour.

C’est tout l’intérêt de la force, de surpasser le besoin de convaincre ou de coopérer avec l’autre.

A l’inverse de cette stratégie, vous avez la coopération.

Un café, comme celui où je suis assis, vous offre un contrat simple. Il vous donne un lieu où vous asseoir et vous sert à boire ou à manger.

En retour, vous leur procurez une denrée qui est relativement rare et qui leur permet de vivre et de prospérer : de l’argent.

Cela tombe sous la catégorie de la coopération car personne dans la transaction n’est forcé (certaines lois qui obligent les commerces à servir tout le monde nonobstants).

Puisque c’est un échange volontaire, cela tombe sous la catégorie de la coopération… et ce sont ces transactions quotidiennes, pacifiques, qui sont responsables des progrès de la société dans l’ensemble.

Certains auteurs, comme Robert Wright, de Nonzero, ou encore Steven Pinker avec Better Angels of Our Nature : Why Violence Has Declined, on décrit des théories expliquant comment ces échanges-là nous séparent généralement du reste des organismes, nous permettant de développer des technologies nouvelles — y compris de nouvelles manières de réfléchir ou de s’organiser (ce que Peter Thiel, créateur de PayPal, met dans la catégorie de la technologie).

La nouvelle forme de la prédation

Généralement, ceux qui ne croient pas que les échanges pacifiques et volontaires soient suffisants — et qui veulent intervenir en obligeant certaines personnes à payer pour des services dont elles ne veulent pas forcément (via des taxes ou des charges), ou à agir d’une manière autre qu’elles ne voudraient (leur interdisant de consommer certaines substances ou de pratiquer certaines religions par exemple) — le justifient la plupart du temps en disant que des échanges pacifiques n’existent pas en réalité.

C’est-à-dire que tous les échanges incluent des rapports de force… et donc qu’on peut agir moralement en imposant un rapport de force, si l’objet est d’en contrecarrer un autre.

Les riches, par exemple, sont plus forts que les pauvres… donc il est juste que l’Etat intervienne pour le parti des moins riches, en taxant et en contrôlant le comportement ou les biens des riches.

Evidemment, même si l’on accepte qu’un riche quelconque est toujours plus “puissant” que quelqu’un de moins riche (ce qui est subjectif quoi qu’il en soit — beaucoup de riches Allemands, Russes ou Français ont fini dans des camps de concentration, à l’échafaud, ou dans des goulags à divers époques), l’argument revient à dire que les fins justifient les moyens — un code moral dont on apprend généralement l’inconsistence dès son enfance.

Prenez l’argument qu’il faut désarmer la population ; il faut qu’elle n’aie pas d’armes à feu. Est-ce que ceux qui proposent cela sont “contre les armes à feu ?” C’est ce qu’ils prétendent.

Mais comment comptent-ils désarmer la population, contre son gré, si ce n’est en les menaçant avec des armes à feu, portées par des hommes armés au service de l’Etat ?

Oui, c’est effectivement ce qu’ils envisagent.

En bref, ce sont des positions inconsistentes.

Ce sont des arguments de prédateurs.

Mais il suffit de regarder autour de vous pour voir que ces idées-là sont pleinement dans l’ascendance. Et qu’avec chaque jour qui passe, elles semblent se renforcer parmi les gens qui participent aux élections, tant les candidats que les citoyens.

Et il y a bien une raison à cela : C’est l’essence-même de la politique. C’est le but. Tout l’exercice se résume à tenter de se justifier de spolier les biens d’un parti quelconque, de leur priver de droits, ou de les contraindre d’autres manières. Comme l’a remarqué l’auteur Stefan Molyneux, “La Loi, c’est une opinion qui est adossée au canon d’un fusil.”

Pourquoi je ne crois pas à l’investissement IMPACT

On peut penser aux entreprises comme des amalgames de chiffres — avec des revenus entrants et sortants. Plus le premier est important, par rapport au second, mieux cela se porte.

C’est la même chose quand vous envisagez l’achat d’un logement à mettre en location par exemple. Le problème, c’est que cela vous permet d’évaluer l’état actuel des choses… mais pas forcément d’anticiper ce qui peut advenir.

Je ne prétends pas qu’il est possible de prévoir ce qui va se passer dans les marchés. Mais l’on peut tenter de reconnaître les grosses tendances pendant qu’elles se développent, et avant qu’elles n’aient atteint leur pleine expression.

L’un des thèmes dont nous parlons dans cette lettre, c’est que les entreprises ne sont pas que des amalgames d’une trésorerie et des biens physiques, tels des bâtiments ou des usines.

Ce qui est le plus important au sein de la plupart des entreprises, ce sont les actifs “intangibles,” surtout la capacité de leur personnel à innover et à progresser par l’essai et l’erreur.

Créer ce genre de système a été l’un des projets les plus importants pour le créateur d’Apple, Steve Jobs. Et ce genre d’environnement est cité comme l’une des raisons derrière le succès des studios Pixar.

Les frères Koch, qui détiennent l’entreprise privée la plus importante des Etats-Unis, Koch Industries, ont formalisé la manière par laquelle ils créent le genre d’environnement qui permet l’innovation.

Ils ont appelé cela “Le management par le marché” (Market-Based Management).

Cela se résume à réduire au plus l’écart entre les gens qui prennent des décisions, et les résultats réels de ce qu’ils font. Au lieu que les résultats soient filtrés par une équipe de gérants, chacun est censé voir directement quels ont été les résultats de ses efforts… et avoir le moyen d’être compensé d’une manière qui soit immédiatement en lien avec ces résultats réels.

Notre objectif est d’investir dans des entreprises qui arrivent à créer ce genre d’environnement… ce qui est compliqué par le fait que toutes les entreprises comprennent un côté coopératif, et un côté hiérarchisé.

Généralement, il est vraisemblable que celles qui réduisent au plus l’effet de la hiérarchie s’en sortent mieux. Cela est peut-être plus “facile” pour les entreprises qui sont dans des secteurs nouveaux, comme de startups. Puisque la technologie évolue vite, il n’y a pas le temps pour qu’on puisse commencer à faire respecter un ordre stricte.

Un exemple important de la situation inverse, ce sont les entreprises russes, par exemple.

Elles s’échangent en Bourse à des valorisations massivement réduites, en proportion à leurs revenus. La raison est qu’il existe la plupart du temps des gens très puissants dans les coulisses, capables de voler, confisquer, ou spolier les autres actionnaires.

Ce sont des relations de prédation et non de coopération.

C’est pour la même raison que je ne suis pas convaincu par la plupart des investissements “IMPACT.”

C’est une classe d’actifs qui sont censés tenter d’améliorer le monde, en plus de dégager un bénéfice. C’est-à-dire que faire des profits, ce n’est pas assez — il faut vouloir réduire les émissions ou les inégalités, employer plus de femmes, ou “redonner” à la communauté.

Je ne suis pas très convaincu par cela, car ils ne croient pas qu’il est moralement bon en soi de coopérer avec les autres… en fournissant un service contre un paiement.

Cela signifie qu’ils croient sûrement au fait d’interdire d’autres activités que les leurs, ou de réguler ceux avec lesquels ils ne sont pas d’accord. En gros, ils croient qu’imposer leur vision est préférable au fait de laisser librement aux gens de faire leurs choix.

Cela peut marcher dans le court terme… mais ceux qui gagnent de l’argent sont vraisemblablement les gens qui vendent ces investissements “moraux” aux autres, et non ceux qui les achètent.

Bref : Nous recherchons des entreprises simples, sans ambitions grandioses, permettant aux gens de travailler et d’innover le plus librement possible. Et qui sont rentables.