Réforme retraites : Un mal n’en justifie pas un autre

*En cliquant sur le bouton ci-dessus, j’accepte que mon e-mail saisi soit utilisé, traité et exploité pour que je reçoive la newsletter gratuite Antagonistes. A tout moment, vous pourrez vous désinscrire de De Antagonistes. Voir notre Politique de confidentialité.

La grève demeure sévère à Paris, où les employés des Publications Agora peinent à venir au bureau quotidien. Certains font 1h30 de marche ou de déplacement en vélo, pour arriver dans les locaux près la place de l’Étoile…

Les grèves ont rassemblé 800.000 personnes en France jeudi dernier…

Et pendant ce temps les transports en région parisienne sont fortement interrompus. 10 lignes de métros sur 16 sont fermés… 1 train grande ligne sur 4 continue de rouler.

En cause : les autorités ont tenté une réforme des régimes nationaux de retraite.

Voyez, les rentrées dans les caisses de retraite ne sont pas équilibrées avec les déboursements pour payer les pensionnaires.

D’après le rapport du Conseil d’orientation des retraites, publié en fin novembre, le déficit global du régime des retraites représentera entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros d’ici à 2025…

L’une des principales à raison à cela vient de la sur-compensation des retraités des fonctions publiques — comme la SNCF et la RATP — par rapport à leur cotisations tout du long de leurs carrières… ainsi qu’une autre tendance inéluctable : le vieillissement de la population.

Cela implique une augmentation du nombre de retraités, par rapport au nombre d’actifs.

Aujourd’hui la France compte 1,74 actifs par retraité, contre 2,17 en 2004.

Cela crée un dilemme : risquer de fâcher les retraités futurs en réduisant les paiements qu’ils recevront. Ou alors continuer comme aujourd’hui, en sachant que la situation sera de moins en moins solvable.

La France semble avoir tranché décidément en faveur de la seconde option.

Voilà par exemple Valeurs Actuelles, défendant le maintien du régime actuel :

“Aspirer à la paix et se retirer d’un monde du travail rendu de plus en plus stressant, éreintant, et pour certains d’entre eux dangereux, à un âge qui permet encore d’en profiter, et avec une pension décente, ce ne sont pas là des revendications méprisables. C’est à cette espérance de millions de Français que s’attaque le gouvernement avec cette réforme injuste, pleine d’incertitudes pour leur cas personnel.”

Oui, mais les voeux des retraités ont-ils raison de cause sur l’ensemble des autres personnes vivant en France, même des générations futures ?

En quoi “aspirer à la paix” vous donne-t-il droit aux épargnes ou au revenu des autres ?

L’État a, au fil des années, fait des promesses onéreuses, surtout envers les fonctionnaires. Aujourd’hui, la note est due. Certes, ceux qui recevront moins ont le droit de se sentir lésé.

Cependant, cela n’autorise pas une nouvelle confiscation, en comblant le trou grâce aux futurs cotisants, ou aux futurs contribuables.