Une nouvelle génération d’ETFs “fixed income”

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L’indice de la Bourse de Paris demeure plat à 6.040 points environ… après une hausse de 7 % sur 6 mois… ou 25 % sur un an.

La “guerre des tarifs” commence un nouveau chapitre après la signature d’un accord de “phase un” entre Washington et Pékin. Cela n’a pas entraîné de hausse des actifs dans l’immédiat. Les marchés soit n’y croient pas … soit n’y voient rien de conséquent.

Mais Donald Trump est un homme du spectacle. Il n’a pas gâché l’occasion. Gordon Chang, un analyste sur les relations USA-Chine, a appelé cela une “cérémonie des Oscars” dirigée par M. Trump.

Voici le Washington Post :

“En accueillant une délégation de cadres élevés du gouvernement chinois à la Maison blanche, M. Trump a obligé les diplomates, dont le vice-Premier ministre Liu He, à rester debouts dans la pièce de l’East Room — ils sont restés silencieux et immobiles tels un fond de décor — pendant qu’il livrait un discours de 48 minutes précédant la signature d’un accord phase one, après plusieurs années de négociations tendues.”

Invitant l’un de ses compères, le milliardaire Nelson Peltz, à parler aux médias, comme dans un discours d’acceptation, ce-dernier annonça :

“Cet événement va transformer le monde. Vraiment, je n’aurais jamais imaginé que nous puissions faire quelque chose de semblable, tout en maintenant les tarifs. C’est très important car c’est une étape majeure vers la paix au niveau mondial. Merci beaucoup.”

Une nouvelle génération d’ETFs pour la rente

Nous parlions récemment de l’accélération de l’investissement passif — le repli vers les indices.

En effet, les trackers tels que les ETFs ont en moyenne de meilleures performances que les gérants qui visent à battre le marché. Et ils imposent moins de frais.

Dans le secteur de la rente aussi, les investisseurs misent de plus en plus sur les stratégies passives, telles que les ETFs.

Ainsi, le secteur des ETFs fixed-income a démarré en 2002. Il représentait 48 milliards $ de fonds en 2008. En 2018, il dépassait tout juste les 800 milliards $, soit 10 % de la taille totale du marché des fonds indiciels.

Le nombre d’ETFs différents dans le fixed-income était de moins de 100 en 2009… et il a grimpé de près de 5 fois dans l’entre-temps.

À la différence d’un REIT ou d’un MLP, qui vous fournissent un rendement en détenant un actif physique (un REIT peut détenir des espaces commerciaux par exemple), les ETFs fixed-income gèrent des portefeuilles d’actifs financiers, surtout des obligations.

Les plus gros sont gérés par des institutions telles que BlackRock, dont le iShare US Aggregate Bond Index est le plus gros fonds indiciel d’obligations, avec 65,9 milliards $ sous gestion. Ou alors Vanguard, dont l’indice US Total Bond Index s’élève à 46,6 milliards $.

Avec la fièvre mondiale pour le rendement, le secteur des ETFs fixed-income reçoit de nouveaux apports considérables.

D’après ETF.com, un peu plus de la moitié de tout l’argent investi sur des ETFs en 2019 est allé dans les stratégies pour la rente, soit 140 milliards $…

Et de nouvelles stratégies dans les ETFs apparaissent rapidement, gérées par des institutions plus petites et plus jeunes. Et elles investissent sur des marché plus marginaux, et moins liquides, avec des approches plus complexes.

Dans un mail récent, je vous avais informé que les gens ultra-aisés, et les Family Office qui gèrent ces fortunes privées, s’intéressent de plus en plus aux stratégies plus risquées pour percevoir la rente…

Ils sont en train d’investir dans des produits spécifiques offerts par des groupes tels que BlackRock, ou alors de créer leurs propres opportunités.

Les ETFs sont une autre voie pour accéder à ces types de placements…

La conclusion d’une étude récente de la Banque du Canada, envoyée à ses employés en décembre, est que le marché des ETFs est en train de s’adapter rapidement pour offrir plus de choix de stratégies et de secteurs à un rythme élevé…

Entraînant un changement des pratiques dans le métier.

Les gérants des ETFs changent d’approches

Dans ce secteur en ébullition, de nouveaux groupes apparaissent pour offrir des ETFs fixed-income… et ils sont prêts à absorber des risques financiers eux-mêmes afin de promouvoir leurs produits…

Quand vous achetez un ETF, vous l’achetez en général par le biais d’une institution financière, telle que votre broker. Celle-ci envoie un ordre d’achat au gérant de l’ETF, tel que BlackRock ou Vanguard, pour le nombre de parts.

Le gérant crée alors des nouvelles parts dans l’ETF, en achetant dans ses propres comptes la quantité d’actifs sous-jacents qui correspond.

Votre part de l’ETF revient donc, indirectement, à détenir vous-même des participations dans les différents actifs ou entreprises qui forment l’indice.

Ce modèle ne pose pas de problème dans les actions en Bourse, par exemple, surtout les grosses valorisations. Elles changent beaucoup de mains tous les jours. Le gérant de l’ETF n’a donc pas de problèmes avec la création de parts ou les rédemptions.

Cependant, les ETFs fixed-income ne détiennent pas pour la plupart des actions d’entreprises, mais des obligations — émises par les États, les administrations locales, les entreprises, ou alors les particuliers (dans le cas des obligations adossées aux crédits hypothécaires).

À la différence des actions en Bourse, les obligations changent de mains beaucoup moins souvent. Les créanciers les détiennent souvent jusqu’à maturité. Beaucoup d’obligations ne changent jamais de mains, et donc les acheter ou vendre demande beaucoup de temps, pendant lequel les prix et les taux peuvent changer.

Les ordres minimums d’achat peuvent être dans les dizaines de milliers d’euros au moins, ce qui en exclut l’investisseur “typique.”

À la différence donc des ETFs dans les actions, les ETFs fixed-income ont plus de problèmes de liquidités.

Si bien que les gérants, jusqu’à présent, n’achetaient pas eux-mêmes les actifs correspondants à l’une de leurs parts.

À la place, l’intermédiaire financier du client, tel que votre broker, achetait le panier d’obligations, puis le gérant créait une part d’ETF équivalente, en échange du panier.

Inversement, lorsque le client vendait la part, le gérant ne rendait pas une somme en argent à votre broker, mais lui offrait les actifs eux-mêmes — les obligations sous-jacentes.

Ensuite, votre broker devait soit vous transmettre ces actifs, ou, si vous préfériez, les liquider et vous payer une somme d’argent.

Avec ce mécanisme, le gérant de l’ETF ne courrait donc pas le risque d’être obligé de vendre beaucoup d’actifs lui-même.

C’était le problème de brokers.

Mais à présent, un nombre plus important de gérants entrent dans le marché des ETFs fixed-income et… afin d’inciter les plateformes telles que les brokers à proposer leurs produits… ils sont prêts à prendre les risques eux-mêmes.

La majorité de gérants qui offrent cette rédemption en cash sont des groupes nouveaux qui veulent mettre en avant un nouveau produit.

D’après la Banque du Canada, 80 % des ETFs gérés par des nouveaux entrants (existant depuis en moyenne 3 ans) sont réglés en cash.

Alors que seulement 35 % des ETFs fixed-income des groupes établis (offrant des ETFs depuis en moyenne 11 ans) offrent cette possibilité.

En pratique, cela reflète l’intensification de la compétition pour obtenir sa part de l’argent qui se dirige vers le fixed-income (la rente donc).

Avec l’arrivée de centaines de milliards de dollars par an sur les ETFs, les participants sont prêts à se montrer plus souples… quitte à prendre plus de risque… tout en multipliant les différentes stratégies.